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EST-IL MINUIT DANS LE SIECLE ?

 

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Depuis 2015, comme nous l’avons déjà écrit, “nous avons été Charlie”, Paris, Bruxelles, Orlando, Istanbul, Kaboul… et maintenant Nice. Enfin, non pas vraiment, car beaucoup plus rares sont ceux qui aujourd’hui se rangent derrière ce slogan. Non qu’ils soient indifférents, non qu’ils ne soient pas solidaires. Non, ils sont révoltés. En quelques mois, le terrorisme s’est déplacé du symbole au tout venant. Des journalistes de Charlie-Hebdo à des promeneurs comme vous et moi désireux de passer un moment agréable devant l’une des plus belles baies du monde, l’actualité s’emballe. L’histoire aussi. Ce sombre vingt-et-unième siècle ne commence pas bien et nous aurions tort de penser que l’horizon va bientôt s’éclaircir. Comme nous l’avons déjà écrit, on pourrait bien assister à un crescendo de la violence dans les 20 années à venir, avant de connaître enfin une désescalade aux alentours de 2030.

A court terme, l’avenir du tourisme est donc brouillé et dangereux. Il l’est d’autant plus que, si l’on accepte de regarder de l’autre côté des frontières européennes, les ingérences chinoises en Mer de Chine, ne sont pas très rassurantes. Condamné par le tribunal de la Haye, Pékin semble pourtant décidé à poursuivre sa stratégie expansionniste, quitte à se mettre à dos tous ses voisins régionaux : Vietnam, Indonésie, Philippines…

DOUCE FRANCE : LES DIX PLAIES

 

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B° 189. Juin 2016

Après les attentats, les actes isolés de terrorisme, les inondations exceptionnelles, le mauvais temps endémique, les grèves et autres violences de rue perpétrées par de sinistres bougres lors de manifestations ou, pire, lors des match de football de l’Euro, la France n’a plus que deux ou trois nouvelles catastrophes à affronter et il en sera peut-être fini de l’acharnement divin ! Fatigués les Français ont en effet du mal à ne pas se recroqueviller dans leur carapace, afin de tenter d’esquiver les mauvais coups. En quelques semaines, il faut dire que nous avons eu droit à un aperçu en accéléré des tensions à l’œuvre sur la planète. D’Orlando au Royaume-Uni, que ces tensions soient climatiques, terroristes, iédologiques, industrielles, technologiques… elles grésillent en permanence le long des ondes numériques, laissant peu de place à l’optimisme, encore moins à l’espoir. Sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, il semble de plus en plus clair que, malgré les progrés sociaux indéniables, malgré les belles images d’un futur constellé de prouesses technologiques et scientifiques nous faisant croire en l’avénement du meilleur des mondes, des vents contraires à l’idée même de liberté et de bonheur soufflent de plus en plus fort

Et, même la perspective de prochaines vacances ne semble pas suffire à les contrarier. Car, malgré un tout petit mieux, la réalité économique n’est pas radieuse. Le sera-t-elle pour le secteur touristique qui, par expérience, imagine un rattrapage possible de ses faibles performances durant les mois d’été. Pourquoi pas. Les Français, cette année encore, pourraient s’accrocher à leur territoire au lieu de prendre leur envol vers un ailleurs de plus en plus limité, dominé d’ores et déjà par les performances du tourisme espagnol : +20% pour le moment et de la Grèce qui voit ses réservations croître de 5% à 10% par rapport à une année 2015 qui était déjà une année record. Mais, du côté turque par exemple, on annonce d’ores et déjà des chutes de 40%. En cause la désaffection des Russes, les attentats d’Istanbul. Mais pas seulement, le radicalisme désormais affiché du président turc n’est pas fait pour rassurer. Excédés, le Grecs ont d’ailleurs dénoncé la diffusion sonore du Coran par les haut-parleurs des mosquées de Sultanamet ! Ils sont les seuls.

1936 : LES VACANCES, UNE IDEE NEUVE !

 

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TOURISCOPIE. N° 188. Mai/juin 2016

 

A l’heure ou la loi El Khomry déchaine les frondes, l’on pourrait fêter les 80 printemps de la loi sur les congés payés votée en juin 1936. Laquelle rendait obligatoires deux semaines de congés payés alors qu’une autre loi réduisait le temps de travail hebdomadaire à 40 heures. Voilà donc 80 ans que les congés payés sont entrés dans la vie des Français. Symbolisées par des images qui sont désormais complètement ancrées dans les imaginaires, ces deux semaines constituent un acquis social de toute première importance pour les habitants de l’Hexagone, auxquels on reproche à tort, de ne pas travailler autant que les autres pays occidentaux. Depuis 1936, il faut dire que les deux semaines de vacances obligatoires se sont sérieusement allongées : une troisième semaine sous le gouvernement de Guy Mollet, une quatrième dans la foulée de Mai 68, une cinquième semaine en 1981 ainsi qu’une loi réduisant à 39 heures le travail hebdomadaire, sous la présidence de François Mitterrand et enfin, les RTT en 2002 !

Nous avons donc du temps pour nous. Nous en avons même de plus en plus, puisque le temps de travail s’est considérablement réduit. Selon Jean Viard, dans son ouvrage : « Le triomphe d’une utopie : la révolution des temps libres » ( Editions de l’Aube. 2015), depuis la révolution industrielle, dans les pays développés, on est passé d’une vie moyenne de 500 000 heures à une vie moyenne de 700 000 heures. La durée moyenne du travail salarié est passée pour sa part de 200 000 heures à 70 000 heures !

Et pourtant, nous sommes toujours stressés par le manque de temps ! Le temps libre est bel et bien une denrée précieuse, voire indispensable à une existence d’individu « normal », emporté dans la tourmente d’une aspiration dominante à l’hédonisme. Car « libre » est synonyme de « liberté » dans une société qui, comme la nôtre, en a fait sa devise.

LE MEILLEUR DES MONDES ?

 

 

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Inutile d’aller au cinéma ni dans une fête foraine, la technologie va tellement vite que notre quotidien change tous les jours, sous les coups répétés de nouveautés technologiques qui, si elles ne sont pas forcément révolutionnaires, portent en elles le germe de l’innovation et transforment insensiblement notre quotidien en une sorte de monde magique. Un « Magic world » où il suffit d’appuyer sur une touche, de clicker sur un écran ou de passer une commande vocale, et nous voilà servis et parfois très bien servis par des applications impatientes de se rendre indispensables et de se ranger parmi les « scale up ». Car, en grandissant et en devenant prospère, on sort de son état de start-up pour accéder à une terminologie plus valorisante. Encore plus étonnantes que les applications, devenues si banales qu’on leur demande l’impossible, les robots humanoïdes qui ont investi assez rapidement le monde du tourisme : croisières, aéroports, hôtels voituriers, restaurants, musées… Avec tous les bonus et les malus que cela comporte. Notamment sur l’emploi.

Bien entendu la géopolitique défrayée par les crises migratoires, les révélations de fraudes fiscales à grande échelle impliquant une grande partie de politiques, les coups de butoir contre l’Union européenne, n’a rien de réjouissant, surtout à la veille des vacances de printemps et d’été dont on ne peut encore prédire grand chose, si ce n’est qu’elles seront bienvenues et que chacun cherchera à en tirer le meilleur parti.

LE LIEVRE ET LA TORTUE ?

 

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Pendant que professionnels et grand public prennent le chemin du Salon Mondial du tourisme, les enquêtes, sondages, baromètres reprennent le chemin des médias où ils sont traités sans beaucoup de discernement. Peu importent les méthodes, les échantillons, les supports utilisés par les statisticiens et les enquêteurs. Ainsi, pendant que l’excellent baromètre Oppodo/ Raffour interactif fait le bilan des départs longue durée, marchands et non marchands, et de courte durée, marchands, pour l’année 2015, et enregistre une baisse de 2% de ces départs, le SNAV propose ses observations sur 2016. Le syndicat souligne une hausse de 1,5% pour les 2 premiers mois de l’année, avec en tête les USA, Thaïlande, Canada, Ile Maurice… Rien à voir. D’autant qu’ il ne s’agit que d’un reflet des ventes en agences membres du SNAV.

Evidemment, le SETO offre lui aussi un panorama des achats de voyages, mais sur la période allant de novembre 2015 à fin février 2016. Il enregistre pour sa part une baisse de 3,8%. Mais, là encore, ne sont concernées que les agences membres.

Autre type de sondages : Lastminute constate que : « 2016 donne des envies d’évasion aux Français ! A l’étranger, pour 47,2%. En moyenne deux fois dans l’année pour 37,8%. Mieux, nos compatriotes seraient devenus un peuple de grands voyageurs, avec 64% de personnes alternant grandes vacances et courts séjours ! Evidemment, tous ces pourcentages ne concernent que les utilisateurs de Lastminute.

Le futur, le présent, les trompe l’oeil

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Marc Zuckerberg à Barcelone. Mobile World Congress. Février 2016

 

La nouvelle passe relativement inaperçue en France. Pourtant, le journal britannique The Guardian est formel : les réservations estivales pour la Grèce chutent de 20 à 60%, selon les îles. Une catastrophe pour une destination vivant en bonne partie du tourisme et qui avait cru en sa bonne étoile, après un été 2015 record. Ravagée par les arrivées incessantes de nouveaux migrants sur ses plages et désormais à Athènes, c’est la double peine pour la Grèce dont on oublie de dire que les comptes pourtant se redressent. Certes, compte tenu de la compression de notre espace temps, l’été est loin et la situation pourrait se rétablir.

Du côté de l’Iran, tout va bien, si on se contente de l’annonce de la progression du camp réformateur aux dernières législatives. Entendue d’une oreille et d’une oreille seulement, la nouvelle sous entendrait que le pays va enfin s’ouvrir aux touristes et offrir une destination de très grande qualité à des Occidentaux assoiffés d’Orient. Mais, dans la république islamique, les conservateurs n’ont pas dit leur dernier mot. D’autant qu’ils restent majoritaires, partout dans le pays, excepté la capitale. D’ailleurs, la relance de la Fatwa contre Salman Rushdie démontre que la liberté est encore loin d’être au rendez-vous des Iraniens et Iraniennes. Ces femmes dont on célèbre à longueur de médias, l’éducation, la culture, le courage et la lutte pour la liberté. A quelques jours du 8 mars et de la journée des femmes, convenons que leur sort est loin d’être réglé, ni en Iran, ni ailleurs.

Même en France, l’étude lancée par la DGE sur les femmes et le tourisme, dont les résultats seront publiés bientôt démontre qu’il subsiste des inégalités entre sexe faible et sexe dit fort, dans bon nombre de corporations.

On pourrait se consoler des maux de la planète en ouvrant un œil satisfait vers l’avenir. Mais, attention, le futur est plus obscur qu’on ne l’imagine. Et, ce ne sont probablement pas les milliards de datas dont on dispose qui vont permettre de l’éclaircir.

La mutation annoncée de la carte des vignobles

 

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Révélatrice des changements climatiques, la vigne française comme les autres est en train de se métamorphoser. Dans les années à venir, les destinations de vignobles évolueront probablement et leur tourisme avec elles.

Lors d’une dernière conférence au Quai d’Orsay, le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius a eu le plaisir d’entériner la mise en place d’un site internet de promotion du tourisme œnologique français. Une bonne façon de quitter la scène et de laisser les clés de la maison à l’un des secteurs les plus porteurs du tourisme national. Selon Atout France qui a largement contribué à la création du site, on compterait bel et bien 3 millions d’adeptes de cette forme de tourisme et en 2015, on aurait enregistré 7,5 millions de visites de caves dont 2,5 millions de la part de touristes étrangers. Mieux ! Christian Mantéi, directeur d’Atout France, confirme que les exportations de vins rapportent à la France l’équivalent de la vente de 114 avions Rafale. Du sérieux, qui en doute ? qui vaut bien les 170 000 euros mis sur la table par des partenaires privés prestigieux et le secteur public. Et, une excellente manière de concurrencer des destinations de mieux en mieux équipées comme l’Espagne, l’Afrique du Sud, l’Argentine et autre Chili et Californie… Sauf qu’en matière de vins, rien n’est certain. A l’heure où l’on s’adonne à des exercices de prospective sur les 20 à 30 années à venir, le changement climatique en cours ne sera pas sans effet sur la « carte » des vins français. D’ores et déjà, les vignerons sont bel et bien convaincus de l’impact de la chaleur sur leurs vignes et sur la qualité de leurs crus.

NOS MEILLEURS VOEUX POUR 2016

NOS MEILLEURS VOEUX POUR 2016

https://www.youtube.com/watch?v=BRwpjFW82G8

 … Alors que la France fort légitimement commémore le terrible attentat qui a transformé sa population et celle du monde libre, du jour au lendemain, en « Charlie », on ne peut guère se contenter de se souvenir sans se poser les bonnes questions. Lesquelles touchent l’avenir d’un pays qui, portant les lumières du monde, est aujourd’hui en partie victime de l’obscurité voire de l’obscurantisme que certains souhaitent y projeter.

La France est en effet obligée de se débattre pour convaincre qu’elle est moralement digne de son histoire de pays des droits de l’homme, et qu’elle est physiquement suffisamment sûre pour accueillir des visiteurs. Plaidant non coupable par la voix de certains, ou coupable par la voix d’autres, elle offre une valse hésitation entre des extrêmes qu’on préfèrerait moins caricaturales et moins pernicieuses. Entre un peuple qui « pense » et un autre qui préfère ne pas réfléchir et se replier sur lui-même, notre pays est obligé d’actionner des emblèmes, de s’adonner aux gestuelles du souvenir et de mettre en place une sorte de marketing national susceptible de rassurer le monde sur sa fidélité à son passé.

Sur quelles vagues allons nous surfer en 2016 ?

 

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« Le pire du pire est très vraisemblable », annonce l’économiste et éditorialiste Jacques Attali, sur son blog hébergé par L’Express. Bonne nouvelle ! D’autant qu’il énumère les raisons pour lesquelles cette nouvelle année n’incite pas vraiment à l’optimisme.

Au programme notamment : « de nouveaux attentats terroristes, d’une ampleur défiant l’imagination » y compris en France et une « aggravation » probable des conflits dans le monde. Au programme aussi, une nouvelle crise financière… due aux crédits spéculatifs des entreprises et l’absence de régulation ? Bien sûr, il ne s’agit que d’un point de vue et le pire n’est pas toujours obligatoire. Mais, pour ceux qui y croient, sachez que les astrologues sont également pessimistes sur l’année à venir.

La stratégie du colibri pour sauver l’image de Paris

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Le hashtag #ParisWeLoveYou va t-il permettre de redonner l’envie de Paris à des touristes qui, pour le moment, ne semblent pas encore prêts à venir passer les fêtes de fin d’année dans la capitale ? C’est en tout cas, le pari que font la cinquantaine d’entreprises membres d’Alliance 46.2 qui ont décidé de soutenir de leur notoriété et de leurs deniers une campagne, somme toute légitime. Le concept de la campagne ? Tout le monde s’inscrit sur le site et envoie des photos d’une capitale mythique mais surtout apaisée dans laquelle on ne risque plus d’essuyer une rafale de mitraillettes en allant boire un café à une terrasse ou en allant écouter un concert !

 

Et, si c’était vrai ?

 

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Alors que la COP21 bat son plein et que l’humanité reste suspendue aux décisions finales qui scelleront sa survie ou sa disparition à moyen terme, les artistes amateurs ou professionnels s’en donnent à coeur joie en matière de détournement, invention, créations susceptibles de suggérer le monde de demain. Parmi eux, Chris Marin a produit des photographies des monuments parisiens les plus emblématiques envahis par une végétation sauvage après que les citadins s’en soient éloignés. Futur proche ou lointain ? Futur à 2 ou à 4 degrés ? Futur invraisemblable ou probable ? Il n’en reste pas moins que ce type de scénario du futur qui se base sur des récurrences historiques somme toute banales comme l’abandon des grandes cités de l’empire maya ou de la cité d’Angkor au Cambodge, n’est pas totalement dénué de sens.

Paris : une capitale pas comme les autres

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Le 25 décembre 2015. Le « black Friday » aura eu plus d’impact sur la fréquentation parisienne que les attentats de janvier 2015. L’OTCP vient de publier des données préoccupantes : la perte moyenne de taux d’occupation est de 24 points. Toutefois un retournement de tendance  semble s’esquisser depuis ce week-end, indique le cabinet Forwardkeys. En fait, toute la question est de savoir combien de temps est désormais nécessaire à un retour de la confiance touristique internationale. Donc, toute la question est de savoir quelle analyse on fait de la situation politique. Deux attitudes oscillant entre deux extrêmes sont possibles : d’une part, certains considèrent que l’on est entré dans un nouveau cycle, une situation à l’Israëlienne dans laquelle chacun s’accommode de la nouvelle donne et continue à vivre, donc à voyager.

La peur est normale et respectable

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A peine les atrocités parisiennes avaient-elles eu lieu que la presse, toujours aussi délicate, s’évertuait à passer à l’étape suivante : les comptes et décomptes des annulations hôtelières, des manifestations reportées, des touristes perdus… Comme si seule avait de l’importance cette petite comptabilité mesquine qui ne voit parfois le monde qu’à travers sa calculette. Non, bien évidemment, le secteur touristique n’est pas sans partager les deuils du pays et ses témoignages de sympathie ne manquent pas.

On a tué Paris, on est tous Paris… Et aprés ?

Numéro 182-183. Novembre 2015

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En Janvier, on a tué Charlie, et nous avons tous été Charlie. En Novembre, on tue Paris et, « nous sommes tous Paris ». Plus tard, on tuera sans doute la France et « nous serons encore à l’unisson la France »… Et puis, un jour, on tuera le monde et quelques uns d’entre nous voudront sans doute encore tenter d’«  être le monde » mais ne le pourront plus. Le manège infernal doit s’arrêter et les états libres et démocratiques doivent accepter la réalité aussi inacceptable soit-elle, selon laquelle ils sont entrés dans une nouvelle forme de guerre où l’ennemi ne parle pas le même discours que nous et ne partage pas les mêmes valeurs.

Après le 11 septembre 2001, le monde a changé et certains d’entre nous ont eu la lucidité de dire « ce ne sera plus comme avant ». Après le 13 Novembre 2015, admettons-le, notre « Douce France » ne sera plus comme avant car ce ne sont plus des symboles qui ont été attaqués, mais vous et moi. Des gens ordinaires qui écoutaient de la musique, buvaient un verre, s’enthousiasmaient pour une équipe de football, fumaient une cigarette et s’imaginaient encore vivre dans un monde en paix.

… Quand Eric Hobsbwam parlait de la barbarie du siècle passédans son livre célèbre « Le court vingtième siècle » », il laissait entendre que le vingt et unième siècle ne serait guère mieux. Une vérité douloureuse à entendre mais face à laquelle nous devrions probablement en finir avec nos attitudes angéliques.

Pour ceux grandis dans le mythe romantique d’un monde sans frontières dans lequel les citoyens du monde se déplaçaient librement, la nouvelle donne est difficile à admettre. Quant à l’industrie touristique qui s’est construite sur la rencontre de l’ailleurs, elle a du mal à se positionner sur cette nouvelle géographie où la France et l’Europe sont tout aussi vulnérables que la Tunisie ou l’Egypte face au terrorisme.

Que faire ? Essayons de ne pas attendre de devoir tous être un genre humain diminué et affaibli qui regrettera l’époque bien heureuse où il rêvait candidement d’être « augmenté » par des Smartphones et des puces et, disait « Nous sommes tous Paris », en allumant librement de petites bougies devant des lieux meurtris…

Josette Sicsic