Touriscopie

QUAND ON S’APPROCHE TROP PRES DU SOLEIL

N°208. Août 2018

La chute d'Icare. H. MatisseD’un point de vue purement touristique, l’été 2018 n’est pas encore en mesure d’afficher ses performances. D’autant que la saison estivale a tendance à s’allonger au delà de la mi août. Malgré quelques articles publiés en presse régionale signalant des baisses de fréquentation, comme en Nouvelle Aquitaine par exemple, les comptes de l’été ne sont pas faits. Certes, d’aucuns auront évoqué le départ plus massif des Français à l’étranger. Ce qui est sans doute exact et devait bien finir par arriver, compte tenu des modestes tarifs affichés par l’aérien à bas-coût face à ceux excessifs du ferroviaire. Retour en grâce de la Tunisie, de l’Égypte ? Sans aucun doute. Parmi une actualité répétitive diffusée à peine transformée d’un média à l’autre, le secteur touristique a surtout offert à la presse le “dark side” de son fonctionnement à travers les turbulences sociales de Ryanair. Une compagnie dont les grèves et les annulations de vol assorties du refus du Pdg d’indemniser les clients lésés (au point d’être attaquée par Flightright) a non seulement cloué au sol bien des vacanciers mais a démontré les limites de l’économie low-cost, qu’il faudra suivre d’autant plus près qu’elle s’attaque aux longs courriers. Dans la foulée, le feuilleton Air France a continué d’égrener ses épisodes devant un public lassé par l’incapacité de sa compagnie nationale à s’adapter à une nouvelle donne. Bien entendu, Airbnb a aussi et surtout eu la vedette. Non seulement en tant que victime mais en tant que bourreau. Victime d’interdictions et de régulations jugées draconiennes, la plateforme californienne à la réussite indéniable fait ainsi l’objet d’une promotion continue, intensive et gratuite. Mais, l’on parle peu de sa nouvelle stratégie, à notre avis l’information la plus pertinente, consistant à louer des apparthôtels de la compagnie Niido, sous la marque Airbnb. Dix-neuf projets seront finalisés en 2019.

Un tourisme en quête de réparation

UN MONDE EN QUÊTE DE REPARATION

Baobab

Un océan de détritus de plastique dans le Pacifique, des baleines, des tortues et des cachalots qui étouffent avec 50 kilos des mêmes plastiques dans les bronches, des forêts que l’on abat, des inondations à répétition, des espèces qui disparaissent, les plus vieux baobabs d’Afrique qui meurent, une augmentation de la température de l’ordre de plusieurs degrés dans les villes… Les média et les petites et grandes ONG déploient bien des efforts pour que la sauvegarde de la planète devienne une cause prioritaire. Mais, les gestes accompagnent-ils les prises de conscience et les paroles ? Force est de constater que, d’une part, ce sont les gestes associatifs, les gestes du « colibri » qui font le plus pour éviter le pire. Et, que d’autre part, outre les stratégies nationales et internationales de préservation telles qu’on les connaît, le secteur touristique est moins actif qu’il ne devrait l’être. Parmi les derniers exemples en dates : une entreprise néerlandaise, depuis son lancement en 2011, a convaincu 15 540 clients d’utiliser ses épuisettes pour « pêcher » sur les eaux de la capitale néerlandaise 146 000 bouteilles et des détritus qui ont rempli 2914 sacs poubelles. Ces déchets ont permis à ce jour de construire 9 embarcations qui servent à transporter des volontaires chargés de récupérer à leur tour des plastiques flottants. Forte de son succès à Amsterdam, la société, qui se définit comme un « collectif de curieux », s’est récemment implantée à Rotterdam. Une partie des matériaux pêchés sur les canaux est également utilisée pour fabriquer des meubles ! L’information est séduisante. Elle est donc reprise. Pour autant, ce type d’actions change-t-elle l’avenir d’une planète qui est aujourd’hui obligée de faire appel à des initiatives privées pour être réparée. Car, c’est bien de cela qu’il s’agit. L’humanité a aujourd’hui la tâche de réparer les dégâts qu’elle a commis et qu’elle continue de commettre au nom de son développement économique.

PLAIDOYER POUR UN TOURISME MUSICAL

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A L’AVENIR, LE TOURISME S’ECOUTERA AUTANT QU’ IL SE REGARDE

Dans un monde saturé d’images, le tourisme offre son lot de clichés en exploitant à fond son patrimoine bâti et naturel. Paysages, monuments anciens et contemporains, musées… Les territoires touristiques sont entièrement dévoués au regard et à la vue. En revanche, l’ouie, très sollicitée par des bruits de toutes sortes dont certains constituent de véritables nuisances, est rarement invitée à participer à la découverte touristique. Les outils de promotion, brochures, livres ou sites internet sont silencieux. Pourtant, le patrimoine sonore naturel de la planète est immense tandis que le patrimoine musical de l’humanité l’est tout autant. De plus, toutes les études réalisées à travers le monde indiquent que l’écoute et la pratique musicale arrivent en tête du hit parade des loisirs universels…Sans compter le fait que la musique adoucit les mœurs !

Dans un tel contexte, pourquoi le tourisme ne fait-il pas un usage plus abondant des sons, ceux produits par les oiseaux et ceux produits par la totalité des peuples du monde ? En bref, pourquoi la musique n’est-elle pas mieux exploitée à des fins touristiques et, pourquoi la France surtout, terre de chansons, n’a pas mis en avant cette facette de ses talents et de son art de vivre ?

A l’heure où le Printemps de Bourges ouvre ses portes pour la quatrième décennie consécutive et démontre les capacités des festivals à focaliser l’attention des médias, il nous semble que la question concernant la sous utilisation de la musique sur le plan touristique est d’autant plus incontournable que bien des destinations concurrentes de la France ont fait de leur patrimoine musical l’une des locomotives de leur tourisme. C’est le cas de l’Irlande, du Brésil, de la Jamaïque, de l’Argentine ou plus près de l’Italie, de l’Autriche, de l’Espagne et de ses routes du flamenco, du Royaume-Uni et de sa pop musique, et de tant d’autres sites qui ont su tirer parti de la sépulture d’un artiste, de sa vie, ou de sa port, en lui consacrant musées, festivals, circuits…

Pour mettre en valeur cette problématique et dynamiser la réflexion sur le tourisme musical et ses immenses possibilités, nous venons de publier aux éditions l’Harmattan : « En avant la musique » ou les « relations complexes entre musique et tourisme ». Un livre exploratoire d’une problématique qui sera sans doute à l’avant garde du tourisme de demain.

www.editions-harmattan.fr

 

SOMMAIRE DU NUMERO 206. AVRIL/MAI 2018

Alerte : Tourisme et droits de l’homme, l’incompatibilité continue. Pages 1, 2,3,4

Alerte : Tourisme de masse, le temps des solutions. Pages 5,6,7,8,

Futur : Circulez, vous êtes notés ! Pages 9,10

LA CHINA PRIDE / un nouvel avenir

LA “CHINA PRIDE” : UN NOUVEL AVENIR

 

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La célébration du nouvel an chinois a-t-elle fait entrer le monde entier dans l’année du chien ? Pas encore. Mais, d’une année sur l’autre, les décorations et le marketing liés à l’entrée dans une nouvelle année gagnent du terrain en Occident, où les grands magasins, villes, rues s’ornent d’une imagerie qui n’a rien à voir avec la tradition occidentale. Mieux, toujours en quête de festivités, les Occidentaux se ruent sur les défilés de dragons et dans les restaurants et marchés asiatiques participant à la fête ! Que signifie un tel engouement dans nos sociétés ? Plusieurs choses. D’une part, l’ascendant économique de l’Empire du Milieu, deuxième puissance économique mondiale, est une réalité. Deuxièmement, il existe une volonté réelle de donner confiance à la diaspora asiatique dont l’importance pèse de plus en plus lourd tandis que le tourisme en provenance de Chine semble de plus en plus encourageant. Selon les dernières estimations de Forwardkeys, il devrait encore progresser l’an prochain grâce à l’ouverture de nouvelles liaisons aériennes. Enfin, l’engouement de nos contemporains pour la nouveauté reste bien entendu déterminante. Au dela de cet affichage, la question que nous nous posons depuis longtemps réside dans la domination culturelle du monde. Alors que l’Occident a régné en maître et que l’Europe et les USA ont tiré les ficelles de la vie artistique et culturelle de la planète, l’Asie s’est éveillée. Et, cette nouvelle Asie, après une phase de soumission à la culture occidentale, est aujourd’hui en plein “empowerment”. Lors de la dernière édition de China Connect qui s’est déroulée à Paris, les spécialistes du sujet ont bel et bien prévenu que la Chine notamment, après le Japon, ne se laissera pas faire. Les Chinois, non seulement redécouvrent leur culture mais, ils créent et inventent via une nouvelle génération d’artistes, des oeuvres et des produits dont la qualité est de plus en plus irréprochable, à travers des enseignes qui seront de nature à défier les marques occidentales”.

MES TENDANCES POUR LE TOURISME EN 2018

RETOUR VERS LE VIVANT

par Josette Sicsic

IMGoiseau laurentDans un monde qui court après le futur, sans être capable dans de nombreux cas, de comprendre le présent, le terme de tendances ne veut plus dire grand chose. D’autant que celles-ci se multiplient en se copiant à l’infini : tendances marketing, tendances e.commerce, tendances réseaux sociaux… la prolifération de tendances en début d’année est devenue une tendance à elle toute seule ! Vais-je y succomber ? Fidèle aux observations que je mène depuis plus de 20 ans, la réponse est oui. Mais, les orientations que notre monde est en train de prendre et qui me préoccupent, n’ont rien à voir avec la progression de l’intelligence artificielle, la robotique, les déferlements de data, les commandes vocales… Certes, la dernière génération d’I.A est d’ores et déjà sur le point de modifier certains métiers. Certes, la réalité virtuelle nouvelle version est de plus en plus sophistiquée et capable d’investir l’ensemble des champs sensoriels, certes les nouveaux modes de paiement sont en train de se développer, dans un but unique : simplifier notre quotidien.

Mais, l’aspiration globale à la simplification et au confort auxquelles répondent ces technologies ne sont pas récentes. Plus récents quoique souvent imperceptibles sont les phénomènes suivants :

1 -La relation aux animaux se transforme

Premier point, la montée du véganisme, les effusions de colère contre la souffrance animale, les prises de position désormais systématiques pour l’animal maltraité contre les humains qui le maltraitent (dernier exemple : la mise à mort d’un tigre évadé d’un cirque) en disent long sur la nécessité de revoir l’ensemble de l’offre touristique exploitant des animaux, que ce soit dans les cirques, les zoos, les parcs aquatiques…

2 – La nature, un monde vivant : vers un nouvel animisme

Autre changement : grâce à l’intervention de nombreux scientifiques, le regard posé sur la nature se modifie. L’arbre en particulier devient un être vivant, éprouvant des émotions, des souffrances, capable de solidarité avec ses pairs… ( Lire : La vie secrète des arbres de Peter Wohlleben). De plus, quelques procès retentissants ont permis à des fleuves (en Nouvelle Zélande et en Inde) d’obtenir le statut de « personnalité juridique », ce qui leur permet de se constituer partie civile contre l’homme et ses agressions et d’obtenir gain de cause ! Face à un monde naturel qui pense, le tourisme pourra de moins en moins prendre ses aises sur des littoraux, des montagnes, au cœur de certains paysages…

LES IMAGINAIRES DU TOURISME EN MOUVEMENTS

 

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Janvier 2018. N°204

Comme beaucoup d’autres secteurs, le tourisme fonctionne sur des imaginaires individuels et collectifs qui ont enregistré des décennies de représentations souvent idéalisées, à partir desquelles naissent et grandissent “les envies du monde”. L’iconographie touristique est une réalité omniprésente. Elle fleurit sur les murs, les écrans, les pages des livres et des magazines… et s’inscrit dans nos mémoires, sous la forme de représentations plus ou moins conscientes, ce qui en fait la complexité.

La réalité des images touristiques est en effet beaucoup plus singulière qu’elle n’en a l’air. Comme le touriste dont nous évoquons la “complexité” depuis vingt ans et dont nous avons esquissé 57 portraits dans notre numéro 195, paru en décembre 2017, elle est composée d’images qui sont multiples, contradictoires, positives, négatives, réelles, fictives, exagérées, déformées… Il n’est donc pas aisé de faire un tri à partir duquel un voyagiste par exemple, pourra à coup sûr construire une stratégie de communication capable de séduire le plus grand nombre.

La partie est d’autant moins aisée que les imaginaires touristiques sont individuels. Chacun d’entre nous porte en lui des représentations issues de ses lectures, des films qu’il a vus, des pays dans lesquels il a déjà voyagé, de son environnement familial, son bagage intellectuel… qui ne peuvent pas facilement se catégoriser. Mais, il porte aussi en lui des représentations inhérentes à sa culture, donc de nature anthropologique : ce sont les images symboliques, lesquelles varient d’une civilisation à une autre. Un asiatique par exemple ne met pas dans la montagne ou dans la couleur blanche les mêmes valeurs symboliques qu’un Européen (voir : le dictionnaire des couleurs. Pages. 30/31). Pour compliquer le tout, ne négligeons pas le fait que ces images sont souvent inconscientes !

LES DATAS NOUS VEULENT-ELLES DU BIEN ?

 

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NUMÉROS 202/203

Dans un contexte hivernal blafard que la mort de nos idoles rend encore plus triste et froid, ce n’est pas une nouveauté : les informations concernant les progrès réels ou fantasmés de l’univers digital sont en train de noyer l’information concernant l’actualité politique, sociale, culturelle… Le secteur du tourisme n’y échappe pas. Il ne se passe guère une journée sans que les multiples médias consacrés à l’e.tourisme ne déversent leurs lots de « news » dont beaucoup concernent les « success stories » de toutes sortes de start-up ayant décroché des centaines de milliers de dollars de la part d’investisseurs courant de hackatons en « pitch parties » pour dénicher la perle rare. Celle qui, en moins de 5 minutes, aura surtout réussi l’exploit de les convaincre de son efficacité.

Dans un monde où l’innovation ne doit plus avoir de limites, il s’agit de penser vite, de parler vite et de convaincre encore plus rapidement. Car, la concurrence est rude. Elle l’est d’autant plus que l’avenir financier, législatif, politique des « licornes » de l’internet dont les fameux GAFA, ne sera pas forcément linéaire. Il peut reculer ou stagner. Non pas pour des raisons technologiques, mais plutôt pour des raisons sociologiques. « Que deviendront nos démocraties quand Google et Facebook connaîtront nos goûts et nos préférences politiques mieux que nous-mêmes ? Qu’adviendra-t-il de l’état providence lorsque nous, les humains seront évincés du marché de l’emploi ?  » interroge, parmi tant d’autres, l’essayiste Yuval N. Harari dans son best seller international : « Homo deus ». Il est clair qu’une révolution comme celle que nous vivons ne peut faire l’économie d’une réflexion poussée, capable d’anticiper et de nuancer les avancées inexorables de l’intelligence artificielle et ses capacités à brasser les milliards de données que nous, humains armés de nos petits smartphones, nous lui fournissons. Sans vraiment sourciller. Enfin si ! Nous commençons tout de même, comme le soulignent bon nombre d’études, à craindre pour nos données personnelles et leur diffusion illimitée.

LES TURBULENCES D’UN MONDE EN QUÊTE D’APAISEMENT

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Numéro 201. Octobre 2017.

Quand l’information coule à flots par le truchement d’images instantanées, les esprits résistent mal à l’anxiété. Après les cyclones dévastateurs, les tueries ignobles en plein cœur de la capitale mondiale du jeu et sur le parvis d’une gare française, les scènes de guérilla dans les rues de l’une des villes les plus touristiques et joyeuses du monde, les incendies à répétition en Europe et en Californie… l’humanité a d’autant plus de mal à convaincre de sa volonté de couler des jours tranquilles qu’un drôle de président américain multiplie les prises de décision inconséquentes et les agressions verbales contre un autre drôle de président nord coréen avec lequel on ne sait sur quel pied danser ! Comme nous l’avons souvent souligné, la grande majorité de l’humanité n’a pas l’humeur belliqueuse. Jamais, elle n’a autant éprouvé la volonté de ralentir le rythme, de ménager sa santé, sa vie personnelle, sa famille. Et, nous n’en sommes qu’au début d’une spirale très épicurienne qui ira crescendo et se déploiera sur tous les continents, dès lors que leurs populations auront satisfait leurs besoins essentiels.

LE TOURISME DE MASSE EN ACCUSATION

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Numéro 200. Août 2017

Que retenir de cet été 2017 si ce n’est cette vague d’anti tourisme qui secoue certaines stations et villes espagnoles et passionne les médias grand public ? Lesquels, soudain, découvrent que le tourisme de masse n’est pas sans poser de problème. Très largement traité et repris sur bon nombre de radios et télévisions dans des débats auxquels Touriscopie a été souvent convié, ce sujet que nous n’avons cessé de traiter depuis 20 ans, constitue bel et bien selon nous, l’urgence des années à venir et répétons-le, un combat d’avant garde et non pas d’arrière garde…

Pour son deux- centième numéro, donc pour ses 20 ans d’existence, Touriscopie revient sur le sujet… Un sujet complexe, incompatible avec la culture de la performance touristique et la bataille que se livrent les destinations pour accéder aux premières places du palmarès international. Un sujet d’autant plus délicat qu’il contredit en partie les volontés exprimées par les organismes internationaux de développer durablement notre planète et d’en préserver les richesses. Un sujet traduisant somme toute les incohérences de notre millénaire en proie à un désir effréné de plaisir qui, tel un boomerang se retourne contre lui.

« IL N Y AURA PAS DE PLANETE B »

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Juin 2017. Numéro 199

Que retenir des quelques semaines passées ? En France, des élections présidentielles et législatives pour le moins inédites permettent de pousser un soupir de soulagement. Ce qui n’est pas le cas outre-Manche où le faible score de la première ministre ralentit la sortie de l’Union européenne d’une Grande-Bretagne d’ores et déjà économiquement affaiblie. Les attentats tout aussi meurtriers d’un pays à l’autre comptent pour leur part parmi les événements les plus navrants à l’heure où une météo on ne peut plus clémente incitait les Européens à renouer avec l’envie de faire la fête. Autres côtés sombres de l’actualité : la bataille de Rakka qui n’est pas encore gagnée, les migrants qui meurent en Méditerranée, les opposants russes ou turcs arbitrairement emprisonnés tandis que les excès du président américain continuent d’empoisonner la vie d’une grande partie de l’humanité… Non, les lendemains qui chantent ne sont jamais garantis !

UN MONDE TOURISTICO COMPATIBLE

Numéro 198 – Avril 2017

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De nouveaux attentats ont frappé des destinations qui ne s’y attendaient pas ! De Londres à Stockholm en passant par Paris, l’Europe est sur le qui vive, d’autant que rien n’est résolu au Moyen-Orient et qu’un certain président nord coréen joue avec le feu, dans l’espoir de déstabiliser la Chine, la Corée du sud et par la même occasion, les USA ! Parviendra-t-il à ses fins ? Le risque existe. Comme existe le risque de voir notre démocratie reculer, de voir les crises migratoires enflammer l’Europe, de voir l’axe Moscou, Téhéran, Damas se renforcer alors que les mouvements populistes divisent les peuples et qu’un certain président turc s’arroge les pleins pouvoirs. Y compris ceux d’emprisonner sans aucune forme de procès les portes paroles de la liberté.

Nous aurions pourtant bien aimer parler d’autre chose ! Mais, à l’heure des choix présidentiels, alors que l’avenir reste improbable, le tourisme est plus que jamais un pion que les destinations avancent avec prudence sur un échiquier très instable… Alors que nous rêvons d’un monde meilleur, nous marchons sur des mines nichées sous la plage, sans doute prêtes à exploser.

UN TOUT PETIT MONDE QUI NE TOURNE PAS ROND

           NUMÉRO 197. Février- Mars 2017

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Avec en toile de fond une actualité pour le moins répétitive et non moins dangereuse, les candidats à la présidence n’ont pas vraiment fait recette dans les médias nationaux sur la thématique du tourisme. Une fois de plus, les rumeurs et autres incohérences de la vie politique ont anéanti en partie les échos d’un secteur qui, plus que jamais, devrait être privilégié. Mais, pas n’importe comment. D’autant que le monde et les pays fréquentables sont de moins en moins nombreux alors que l’envie de fuir est de plus en plus forte…

Objectif : 110 millions de touristes pour le candidat d’En marche !  La course à la quantité repartirait de plus belle à l’heure où elle devrait ralentir le rythme ? Bon ! Créer de l’emploi, pour Les Républicains, par la voix de JP Raffarin très impliqué sur ce sujet dans sa région, voilà qui est plus audible. D’autant que l’ancien premier ministre entend en cas de victoire, rattacher le tourisme au nouveau premier ministre ! Mais, pourquoi ne l’a-t-il pas fait en son temps ? Bizarre ! Augmenter le salaire minimum pour permettre aux Français de repartir en vacances, c’est là une facette du projet de JL Mélenchon… Sauf, que ce candidat a peu de chance de mettre son programme à exécution. Dommage !

… En fait, par les temps qui courent, l’avenir même proche, n’offre aucune visibilité. Ce qui n’est pas sans faire naître, au sein de nos sociétés, un sentiment redoutable que le politologue Brice Teinturier traduit par : « Plus rien à foutre ». Une attitude qui a engendré une nouvelle catégorie de citoyens : les « PRAF » !

LA COMPLEXITE TOURISTIQUE

Un touriste complexe dans un monde complexe

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Les  performances de l’année écoulée ne sont pas aussi mauvaises qu’on l’a dit. Globalement, au niveau mondial, l’industrie touristique a bien tourné. Seules les destinations frappées par des attentats, des épidémies, des catastrophes environnementales, ont souffert. Parmi elles, la France qui ne pourra pas revendiquer de nouveaux records mais qui, en revanche, affiche avec optimisme ses prochains objectifs : 100 millions de touristes internationaux pour les années à venir ! Pourquoi pas ? Dans un monde en proie à la « disruption », la messe n’est pas dite et l’avenir n’est pas écrit. Comme nous avons pu l’expliquer au cours de la conférence consacrée au tourisme en 2050, dans le cadre de la journée « Entreprendre et Innovover dans le tourisme »   organisée par la DGE, les seuls indicateurs lisibles sont la démographie, en partie, l’environnement, la technologie et le développement des transports et de l’offre touristique. En revanche, nul ne peut prédire avec certitude ce que seront ces deux indicateurs majeurs : la géopolitique et l’économie qui peuvent faire et défaire les situations les plus établies.

LA DISRUPTION DU MONDE

 

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Bien entendu l’actualité récente est toujours dominée par les élections américaines et l’expectative qu’elle provoque parmi la grande majorité des états, de la Chine à Cuba. Mais, depuis l’annonce des résultats, l’actualité est également dominée par une querelle endogène parmi les média qui s’auto accusent de n’avoir pas vu venir la victoire d’un milliardaire, vedette de talk shows, acteur de quelques polémiques insupportables qui lui ont servi d’arguments politiques pour mener sa campagne. Et, en quelques heures, voilà que les élites des pays avancés découvrent qu’en démocratie, le peuple revendique son droit à la parole et peut s’exprimer à contre courant des opinions et des cadres établis.

En somme, dans un monde où tous les secteurs « disruptent », notamment le secteur touristique, les populations disposant du droit de s’exprimer, cassent les codes, rompent avec des décennies de conformité historique, bref, se révoltent quitte à faire n’importe quoi. Inutile de revenir sur les multiples exemples que l’actualité nous offre tous les jours de cette explosion déraisonnable qui va à l’encontre de la liberté et du bien-être des populations. Mais, c’est ainsi. Et, d’ores et déjà, le secteur touristique a un peu de souci à se faire. Tandis qu’il tente de combattre comme il peut les risques terroristes, la psychose qui s’est emparée de certaines clientèles, reste tangible. Les clientèles touristiques continuent de bouder la France. Il faut dire que les récentes images des commémorations du 13 novembre, largement diffusées dans la presse internationale, ont inévitablement ravivé des dramatiques souvenirs de l’automne passé. Pourtant, il fallait commémorer cette horreur pour éviter qu’elle se répète.

TOURISME : L’ INCONSTANCE

 

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Numéro 192. Octobre 2016

Les bombardements sur Alep auxquels contribuent largement la Russie suscitent fort peu de révolte dans l’opinion, désormais habituée à voir le Moyen-Orient se déchirer et la Syrie agoniser. Egoïstement, ce nouvel épisode d’un conflit impossible ne réchauffe pas les relations entre la France et la Russie et nous ne verrons sans doute pas beaucoup de touristes russes dans les rues de Paris ou de Nice tant que le président Poutine n’y sera pas accueilli, avec cordialité. En fait, la menace djihadiste et ses horribles accomplissements qui ont certes éloigné bon nombre de touristes de la France et l’empêcheront cette année de clamer son excellence en matière de tourisme, n’expliquent pas tout. Les relations internationales de notre pays avec bon nombre d’ambassades sont bien évidemment des accélérateurs ou ralentisseurs touristiques. Pour en revenir à la Russie, elle a réussi à saigner à blanc le tourisme turc en rapatriant ses ressortissants (environ 4,5 millions) avant de changer de position et de renouer ses relations avec R.T Erdogan qui a mis le pays au pas, en se livrant à des purges historiques. D’une péripétie géopolitique à l’autre, le visage de la planète tourisme change donc du tout au tout.

Mais, quand on assiste à une chute régulière par exemple des clientèles italiennes en Ile-de-France, ne doit-on pas également rechercher, dans la situation économique d’un pays, la cause d’une désertion ? A trop vouloir attribuer aux menaces terroristes la responsabilité quasi entière des difficultés du tourisme français, on minimise d’autres facteurs, notamment les économies en berne des pays de l’Union Européenne et des USA et les difficultés d’une jeunesse rejetée du monde du travail, ayant toutes les peines du monde à joindre les deux bouts. On oublie aussi que la situation économique de la France peine à se rétablir. La dernière note de conjoncture de l’Insee n’est pas rassurante (voir page…). Quant au Brexit, n’a t-il pas fait chuter la livre sterling et rendu les Britanniques plus pauvres, comme l’indique le quotidien « The Guardian » ?