Touriscopie

Numéro 104. Juillet 2008.

N°104-Juillet 2008

Les hauts et les bas du ciel


Vitrine de l’industrie touristique, l’aérien affiche à la fois déboires et prospérité scandaleuse. Tandis que nombreux sont ceux qui voyagent à petits prix, une caste de privilégiés s’offre du grand luxe, en privé.

Que donnera la saison estivale ? Pour le moment, rien ne dit qu’il n’y aura pas rattrapage et rééquilibrage des départs en fin d’été. Mais, en attendant de bonnes nouvelles, quelques signes négatifs donnent une idée des difficultés rencontrées par l’industrie touristique, ces derniers mois et peut-être pour les années à venir. Ils viennent essentiellement du ciel. Durant le dernier trimestre, 25 compagnies aériennes ont été suspendues du système de compensation financière. Ce qui représente la plus importante concentration de toute l’histoire de ce système, a expliqué un porte-parole de Iata. Or ces compagnies ne sont pas de petites entreprises.  Il s’agit de Cameroun Airlines, Frontier Airlines -basée aux Etats-Unis-, Air Mauritanie ou encore Silverjet. Par ailleurs, après Air Berlin, des compagnies prestigieuses comme Air Lingus et Austrian Airlines ont annoncé qu’elles s’attendaient à plonger dans le rouge en 2008 … De quoi allonger la liste noire des difficultés rencontrées par l’aérien alors qu’à titre de comparaison, au cours des six mois qui ont suivi les attentats du 11 septembre 2001, seules huit compagnies avaient été rayées du système de Iata, dont Swissair, Sabena ou encore Ansett (Australie). Largement imputables à la hausse du gasoil, les déconvenues du ciel n’en sont probablement qu’à leur début. Malgré des promotions constantes et des tarifs low-cost, il est clair que les surcharges en carburant, les compensations en C02 et autres éco-taxes sont d’autant moins populaires que l’aérien est de plus en plus perçu comme un pollueur majeur. C’est donc bien sur le ciel qu’il conviendra de scruter les bouleversements à venir. L’observation des routes, on s’en doute, devrait aussi donner le tempo des prochaines évolutions. Il est en effet de moins en moins rare, y compris parmi les milieux favorisés, de regarder de prés ses factures de pleins d’essence et de supprimer des escapades jugées superflues.

Le jet-privé monte au créneau

Mais, comme l’explique une enquête du journal Libération, il est des secteurs à qui profite la morosité ambiante. Ce sont celui du cheval, celui du luxe d’une manière générale et surtout celui du jet privé. Pendant que les gros porteurs peinent, la croissance du marché est exponentielle sur des avions haut de gamme chers et capables d’aller loin, confirme Dassault Aviation qui attend un gros boom grâce aux oligarques russes ou aux grandes fortunes asiatiques. Mais, il semblerait que les très grosses richesses se tournent plutôt vers des avions de ligne Airbus ou Boeing qui seront réaménagés en y installant des chambres, des salles de cinéma, des emplacements pour voiture dans les soutes… Chez le constructeur canadien Bombardier, qui commercialise notamment les marques Learjet et Challenger, le constat est le même : La demande excède les capacités de livraison. Tandis que l’américain Cessna indique que ses ventes sont passées de 307 unités en 2006 à 470 en 2008. Et que l’américain Gulfstream, fin juin, a signé la plus grosse transaction de son histoire : 1,9 milliard de dollars pour 40 avions, auprès de la compagnie NetJets !

SOMMAIRE N°104

VEILLE-MARCHÉS

La démographie mondiale en mouvements
Les dernières données à prendre en compte
 
Les « euro-clubbers »
Une nouvelle clientèle de fêtards

Eurostat : les voyages des habitants de l’Union Européenne
Une ventilation par tranche d’âge

VEILLE-TENDANCES

• L’émergence d’un vacancier décroissant
Un contre tourisme en mouvement

VEILLE-STRATÉGIES

Une approche des clientèles familiales
En fonction de leurs situations de vie

Les voyagistes s’offrent un code de bonne conduite
Face à la crise

VEILLE-PRODUITS

Les pouvoirs infinis de la musique 
 
De l’image aux sons, vers de nouvelles stratégies

Le camping revisité
De l’insolite au grand luxe : la révolution d’une pratique historique

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