Touriscopie

Pour qui sonne le blues ?


 
Numéro 111. Février 2009

Les semaines qui viennent de s’écouler n’ont épargné ni le climat, ni l’économie, ni la vie sociale… Tempêtes, intempéries de toutes sortes, plans sociaux, effondrement des bourses, émeutes en Guadeloupe réduisant à néant la saison touristique, grèves et manifestations, attentats au Caire provoquant la mort de touristes français … La liste des drames subis par la planète n’épargne ni les hommes, ni leur environnement. Et, le tourisme malgré les apparences trompeuses d’une saison exceptionnelle en montagne, en paie les conséquences. Partout dans le monde. Car, à Pékin, New York, Moscou, toutes les populations, avec en tête les classes moyennes, sont majoritairement touchées. Alors que le nombre des habitants de la planète ayant la tête hors de l’eau, avait progressé ces quinze dernières années, permettant au tourisme de se développer de façon spectaculaire, partout dans le monde, cette couche de la population médiane, indéfinissable et indéfinie, est aujourd’hui en pleine récession. Et, quand elle ne l’est pas en quantité, comme en France, elle affiche un moral en chute libre. Après un an de lamento concernant la baisse de leur pouvoir d’achat ou la perception de baisse de ce pouvoir d’achat, comme l’expliquent certains sociologues, c’est aujourd’hui le sentiment d’injustice sociale qui prévaut parmi les couches moyennes de la population. Plus que les prix qui s’envolent et les salaires qui stagnent, c’est la sensation d’être les éternels victimes d’un système inique qui mine le moral des uns et des autres. Après la crainte du déclassement – décalage entre diplômes et niveau de revenus-, c’est la peur du chômage qui arrive en tête des hit-parades des craintes nationales. Souvent incriminée, la presse, est peut-être en partie responsable de cette morosité ambiante, à moins qu’elle ne soit que le bouc émissaire d’un « blues » planétaire à travers lequel, entre solidarité et égoïsme, chacun cherche ses bouées de survie, en rêvant de grands changements !

Veille-comportements

La valeur des vacances à l’épreuve de la crise

« De la vacance des grandes valeurs, naît la valeur des vacances », la célèbre phrase d’Edgar Morin prononcée dès la fin des années 60 dans son essai aujourd’hui réédité : « L’esprit du temps », n’a jamais été autant d’actualité. Dans un monde en pleine turbulence, le temps libre et la qualité de vie qu’il génère, constitue bel et bien la valeur refuge numéro 1 des Occidentaux, encore épargnés par les vrais problèmes. D’autant que d’autres facteurs concourent à ce succès…

• La montagne et les plus de 55 ans

Malgré une année particulièrement enneigée, donc particulièrement faste, les problèmes liés à la fréquentation de la montagne en hiver, n’en manqueront pas moins, à l’avenir, de se reposer. La montagne subit indéniablement une désaffection de la part de certaines de ses clientèles. Parmi elles, les plus de 55 ans, les dits seniors, ont souvent été pointés du doigt. Qu’en est-il exactement ?
Pour le savoir, Touriscopie a mené une étude qualitative auprès d’une clientèle de seniors franciliens.

• Les cinq grandes catégories de « shoppers »

Si tourisme et shopping font souvent bon ménage, tous les touristes n’affichent pas les mêmes comportements en matière d’achats. Une évidence liée d’une part à la variété de l’offre, d’autre part à la diversité des revenus et des origines géographiques, mais aussi à des variables socio culturelles à l’œuvre dans nos sociétés. Une étude menée par l’université de Milan, fournit quelques éléments qualitatifs que nous commentons, à partir de nos propres observations sur Paris, Lyon et Genève.

Veille-tendances

• La consommation positive au service du durable

Puisque nous sommes entrés dans une autre ère, autant savoir laquelle. En plus de l’ensemble des évolutions que nous avons déjà mentionnées en matière de consommation –Touriscopie N°110-, l’institut Risc International vient de publier une synthèse sur les nouveaux modes de consommation habilement résumés par le terme de positif. Mais, plus précisément, que recouvre cette expression qui pourrait bien faire fortune dans les mois à venir ?

Les réseaux sociaux en mouvement

L’acte de voyager a toujours contribué à tisser des réseaux sociaux. Mais, en moins de 10 ans, les nouvelles technologies ont mis au point des outils de plus en plus performants capables d’augmenter les réseaux et surtout d’offrir aux voyageurs des possibilités démultipliées de « vraies » rencontres. Un phénomène sociologique en pleine gestation, à suivre de prés et à mieux exploiter par les acteurs du tourisme !

Veille-marchés

• Les familles dont les parents sont des grands-parents

L’étude du marché des grands parents n’est pas encore très poussée dans le monde. Y compris en France. Ce n’est pas le cas au Royaume Uni où un institut de recherche sociologique Grand Break, spécialisé sur les marchés intergénérationnels, se consacre entièrement à cette population. Récemment, en collaboration avec l’université de Brighton, il a d’ailleurs réalisé une recherche spécifique sur le tourisme pratiqué par cette population.  Dans la mesure où la situation de la France est relativement proche de celle de nos voisins britanniques, voici quelques éléments utiles.

Veille médias

• Papier contre écran

A l’heure où l’information touristique utilise en quantités de plus en plus grandes les écrans, la principale question qu’il convient de se poser concerne la lecture sur support électronique. Comment fonctionne-t-elle et surtout, a-t-elle in fine, le même impact sur le lecteur que la lecture sur supports traditionnels ?

Veille-sociologie

• Le « blues » des classes moyennes

C’est  le  développement des classes moyennes qui a permis l’essor de la consommation en général et celle d’un tourisme de masse. Or, frappée de plein fouet par l’extension de la crise financière, la classe moyenne sur laquelle s’est historiquement jouée la démocratie et sur laquelle se joue aujourd’hui la stabilité des politiques nationales, est en pleine dépression. Pour mieux comprendre comment se jouera l’avenir du tourisme, tentons de mieux la connaître…


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