Touriscopie

LE TOURISME A DES DEVOIRS

 

Avril-Mai 2011. Numéro 135-136

 


 

Les devoirs de l’Occident

 

Depuis que le Web existe et que les internautes ont pris le pouvoir, créant des blogs, diffusant des commentaires et des avis, inondant Daily Motion et Facebook de leurs images et de leurs créations, les phénomènes sociétaux font le tour de la planète à une vitesse nettement plus accélérée.


Diffusant ses bonnes et ses mauvaises nouvelles, des clichés  idylliques ou d’horreur, le Web2.0 a fait de l’humanité un ensemble social qui, à défaut d’être homogène, est de plus en plus uni par les liens générés par une information unique, massive, mais encore…  parfaitement occidentale. Ce sont en effet les noces royales britanniques et les cérémonies liées à la béatification d’un pape européen, qui ont défrayé l’actualité et attiré des centaines de millions de téléspectateurs devant leurs écrans et des milliers de visiteurs dans les rues des capitales occidentales.


Ce sont également les victoires  des USA contre Al Qaida qui déchaînent l’émotion planétaire alors que l’on oublie déjà les malheurs des Japonais et ceux des nations arabes en quête de liberté ! Et ce sont les modes de vie et de pensée occidentaux qui se propagent à grande vitesse à travers le monde et s’y installent.


A l’heure globale, l’humanité garde le cœur et la tête à l’Ouest et se laisse façonner par un modèle typiquement occidental, parce que l’Ouest contrôle l’information, enclenche la mobilité, accueille sur son continent les plus grosses légions de touristes étrangers. Ouvert, poreux, libre, l’Occident est malheureusement tenté par le repli. Repli devant le terrorisme, repli devant la peur du chômage, repli devant l’autre.


Les velléités de modifier les règles de libre circulation dans l’espace Schengen, ne sont pas anodines. Elles remettent en question, au nom d’un potentiel bénéfice électoral, l’un des fondements idéologiques de l’Europe et pourraient bien à moyen terme, freiner le développement du tourisme dynamique, décomplexé, simple et bon enfant qui aujourd’hui court de Londres à Rome en passant faire son shopping à Paris.

Dresser des frontières physiques à l’heure où les intelligences peuvent communiquer entre elles, sans frontières, ne constitue pas le meilleur chemin à suivre pour des Occidentaux qui, en dépit des déclinologues, ont encore des devoirs vis à vis de l’humanité.

 

SOMMAIRE

 

• Familles : un marché de masse en mouvement, regards quantitatifs

La plupart des destinations et des opérateurs touristiques se ruent sur un marché bien évidemment porteur : la famille. A raison, puisque la structure familiale se porte bien, à la fois sur le plan démographique et sur le plan moral. Mais, comme les autres structures sociales, la famille vit des changements dont il vaut mieux tenir compte afin d’être en phase avec le marché qu’elle constitue.

 

 •Des parents post-modernes : Evolutions qualitatives

Alors que les cellules familiales évoluent sur le plan quantitatif, il est certain qu’elles évoluent aussi sur le plan qualitatif. Outre l’apparition de  nouvelles structures se prêtant à un renouvellement de l’offre, les postures parentales influencées par un flot continu d’innovations technologiques et de phénomènes sociologiques, ne cessent de se modifier. A quels clients avez-vous donc affaire ?

 

•Analyse des « solos » : un marché complexe et complexé

D’une année sur l’autre, le nombre de personnes seules augmente. Et, ce n’est pas fini. Pour répondre à leurs attentes, tous les secteurs se mobilisent, y compris le secteur touristique. Mais, ce marché très hétérogène s’avère d’autant plus difficile à satisfaire que le célibat n’est pas toujours bien assumé. 

 

  L’homo festivus sur la sellette : l’émotion à bout de souffle ?

 Les épousailles princières britanniques devant lesquelles prés de deux milliards de téléspectateurs ont été invités à rêver, témoignent si besoin en était, de plusieurs besoins anthropologiques de nos contemporains : le culte de la puissance, des paillettes et du beau, le besoin de grandes émotions festives et si possible d’évasion. Mais, dans un monde en proie à une hyper-festivité permanente, l’homo festivus n’est-il pas à bout de souffle ?

 

Avenir garanti pour les petits bonheurs : La survie des loisirs simples

Tandis que de Mondial de football en béatification d’un pape et autres noces royales, nos contemporains commencent à avoir la gueule de bois, leur penchant pour des loisirs ordinaires confirme son exceptionnelle longévité et la supériorité de l’aspiration hédoniste simple sur la quête de grandes émotions.

 

 • Maisons : les nouvelles générations : Mini, « design » éco…

Parmi les nouveaux imaginaires liés aux vacances, la maison n’en finit pas d’occuper une place dominante. Particulièrement séduisante, pour de multiples raisons, elle continuera probablement d’évoluer grâce aux talents de véritables designers qui, désormais sortent de leur mutisme pour lui donner de nouvelles formes et en faire la championne du développement durable !


• Hausse du shopping extra européen : La France retrouve des couleurs

Reflet de la bonne image de notre pays et de son industrie du luxe, le shopping effectué par les touristes lointains est un bon indicateur de la santé du tourisme hexagonal et de son attractivité. A ce titre, 2010 a été une meilleure année que 2009. Mais, les éléments fournis par Global Blue ne disent pas tout sur le présent et l’avenir du tourisme de shopping puisque les marchés de la zone euro sont exclus de leurs calculs !

 

• L’Europe à l’heure des migrations : Un vecteur de métissage

 A l’heure où la question migratoire fait la une des médias, force est de constater que l’Europe est bel et bien le carrefour d’importants croisements de populations qui n’en finissent pas d’en façonner le nouveau visage. Tissant une toile multi-culturelle, 31 millions d’étrangers vivent en Europe dont 11 millions proviennent des états membres. Des phénomènes en pleine mutation qui n’en sont pas moins particulièrement bénéfiques aux échanges touristiques.

 

 

 

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