Touriscopie

JEUX OLYMPIQUES ET TOURISME

 

 

 

Juillet-Août 2012

Numéro 149


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Les Jeux Olympiques de Londres, et après … ?


Durant quinze jours, le monde entier aura les yeux fixés sur ses écrans et sur les exploits d’une noria de sportifs venus de toute la planète pour défendre les valeurs de leur discipline, battre des records, se donner en spectacle. Projeté depuis la capitale britannique, le film de cette manifestation planétaire entièrement vouée au culte du corps et de l’homme devrait réunir environ 4 milliards de téléspectateurs et attirer dans la ville de Sa Majesté quelque 2 millions de visiteurs qui d’ores et déjà ont du acquitter des tarifs hôteliers en pleine effervescence – en moyenne : 213 euros pour la nuit d’hôtel ! –

Après un Jubilé de diamant et, un mariage princier, les Jeux Olympiques tombent à point nommé pour faire de Londres la capitale la plus douée du monde pour combiner les paillettes de la tradition aux éclats de la modernité. Du haut de ses tours, nouveaux gestes architecturaux signés par le Gotha international du métier, la capitale britannique sait toiser l’histoire sans pour autant la renier. Soignant avec application les codes de la monarchie, célébrant sa reine avec respect et tendresse, elle sait aussi rendre un hommage vibrant à un groupe mythique de rockers comme les Rolling Stones dont le concert a attiré plus de 80 000 spectateurs … Et, malgré les aléas de la crise économique et les coupures budgétaires que le gouvernement de David Cameron a été sommé de faire, elle sait combiner programmation sportive et culturelle, grâce à la mise en place d’une Olympiade culturelle qui conjugue art contemporain, comme l’exposition consacrée à Damien Hirst à la Tate Modern et art très avant-gardiste comme « a room for London » qui, sur le toit du Queen Elizabeth Hall, propose la visite d’une pièce d’architecture vivante réalisée par l’équipe d’architectes de David Kohn !

Avec toutes les audaces dont les Britanniques sont capables, le Secrétaire de la Culture britannique Jeremy Hunt n’a d’ailleurs pas hésité à déclarer que « que la culture serait désormais à l’Angleterre, ce que le soleil est à l’Espagne ».

 La lourdeur de l’addition

 Nous voilà prévenus ! Londres entend bien profiter des Jeux Olympiques pour peaufiner son marketing pour les quelques années à venir et affirmer sa suprématie sur les autres capitales internationales.

Reste que, trois épines : la sécurité, les transports et la météo risquent d’égratigner le tableau parfait de cette manifestation planétaire. Alors que le métro londonien assure déjà en temps normal les 12 millions de trajets par jour, il devra en assurer 3 millions de plus lors des journées les plus chargées ! Un défi loin d’être relevé. Tandis que côté sécurité, il manquerait encore quelques milliers de vigiles pour compléter les équipes chargées de surveiller les va et vient des athlètes et des visiteurs.

Autre point en suspens : comment reconvertir les installations destinées aux J.O, après emploi ? Certes, les Britanniques ont d’ores et déjà pris leurs dispositions pour louer les 3000 appartements du village Olympique et vendre aux Brésiliens le pavillon destiné au basket !

… Pourtant, de telles précautions ne suffiront peut-être pas. Athènes qui s’était offert un nouvel aéroport pour un coût de 2,5 milliards d’euros, des lignes de métro pour 1,6 milliard d’euros, une autoroute contournant la capitale grecque par le nord pour 475 millions d’euros… qui avait planté des milliers d’arbres et prié ses taxis de surveiller leurs pots d’échappement, n’a pas fini de régler les13 milliards d’euros de la facture des jeux de 2004 !

Tout donne donc à penser que par les temps incertains qui courent, les extravagances de ces manifestations planétaires, sur notre vieux continent surtout, pourraient à l’avenir sembler déplacées. D’autant que le miracle de Barcelone en 1992 ne se reproduira pas. Une bonne raison de laisser la place aux puissances émergentes ! 

 

SOMMAIRE DU NUMÉRO 149

 

Veille-comportements


• Les loueurs de résidences principales : une pratique branchée !

Louer son domicile principal à un vacancier et  se transformer en prestataire touristique… compte parmi les pratiques amateurs en plein essor. C’est simple et ça peut rapporter gros. Mais, tous les loueurs éphémères n’ont pas  les mêmes motivations. Derrière un acte « simple », se cache une grande diversité de comportements. Nous avons enquêté sur ces nouveaux loueurs qui représentent environ 25% de l’ensemble des loueurs particuliers


Crise et tourisme : les sauveurs du soldat grec

Affectées tour à tour par des crises politiques, économiques, écologiques… les destinations touristiques ne réagissent pas toutes de la même façon.

Ainsi, la Grèce après une année particulièrement éprouvante, aura probablement du mal à remonter aux niveaux atteints l’été dernier grâce au repli des clientèles de l’Egypte et du Maghreb. Néanmoins, elle devrait se maintenir à flot grâce à certains segments de vacanciers décidés à jouer les sauveurs de l’été grec. Qui sont-ils ?

 

Veille-tendances


• Les excès de l’information : on sait tout sur tout !

A l’heure où l’information est devenue surabondante dans tous les domaines, qu’observe-t-on ? Que tout le monde sait tout et même que tout le monde sait tout faire ! Parmi eux, le touriste n’échappe pas à la règle ! Mais, les experts sont rares, les généralistes multiples et l’approximation massive. Une donnée à ne pas négliger car les choses ne vont pas en s’arrangeant !


• Les invariants touristiques : le changement n’est pas pour demain

Pendant que la quête de nouveauté ne se tarit pas et oblige le secteur touristique  à multiplier les initiatives capables de renouveler ses équipements, ses services et ses activités, notons que le touriste fait preuve d’un conservatisme désarmant dans ses pratiques. Notamment en bord de mer. Ce qui nous permet de penser que le touriste des années 2020 voie 2030 et plus, ne sera guère différent de celui des années soixante… Analyse de que l’anthropologue Claude Levi-Strauss appelait les « invariants ».

 

Veille-marchés


• Vacances au pays : Une aventure culturelle et touristique en mutation

En 2050, l’Europe vieillissante devra accueillir 50 millions de travailleurs immigrés supplémentaires. Autant dire que, plus que jamais, notre continent sera une terre d’immigration que l’on habitera et dont on partira, le temps des vacances. Car, les diasporas ont presque toujours eu l’humeur vagabonde et le goût d’un retour au pays qui n’est pas sans alimenter les flux touristiques…. Mais attention, les pratiques vacancières des populations immigrées, comme les autres, évoluent…


• Joindre l’utile à l’agréable : Une dominante des voyages de jeunes

Le tourisme des jeunes a beau subir lui aussi les méfaits de la crise, il n’en reste pas moins très actif. Les voyages forment toujours la jeunesse. Les jeunes voyageurs constituent en effet l’un des marchés les plus dynamiques du tourisme mondial. Selon l’OMT, 20% des 940 millions de touristes internationaux qui ont sillonné le monde en 2010, étaient âgés de 15 à 30 ans.

 

Veille-produits


• Les loisirs « in » et « out » : plus qu’un effet de mode, une quête de valeurs

Les pratiques de loisirs sont-elles soumises aux caprices de la mode ou obéissent-elles à une quête plus profonde de valeurs ? Bien que complexe, le sujet mérite d’autant plus notre intérêt que la crise économique actuelle a profondément modifié nos comportements…


• Le sport et ses déclinaisons : sous le regard des philosophes

La démocratisation sportive se paie par une extrême diversification des activités et des pratiques. On le sait. La population sportive comme les autres, est donc loin de constituer un groupe homogène. Entre le sport plaisir et le sport compétition, la palette est de plus en plus nuancée. Mais, il semblerait que la relation de l’individu à son propre corps telle que l’histoire et la philosophie l’ont analysée soit le principal moteur de cette diversification.

 

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