Touriscopie

NE TIREZ PAS SUR LE TOURISTE

TOURISCOPIE N°175. Avril 2015

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Dans cette guerre invisible et totalement inégale où, d’un côté on trouve des combattants qui ont peur de mourir alors que, de l’autre se situent des martyres cherchant la mort, certaines cibles sont devenues plus faciles que d’autres. Lesquelles ? En l’occurrence, les touristes. On l’aura remarqué : depuis que des barbares illuminés ont décidé de s’en prendre à l’occident et à tout ce qui touche à la civilisation, le milliard d’humains qui a choisi de se déplacer à travers la planète, n’est pas épargné.  Mais, pourquoi donc ?

Il convient sans doute de préciser que le touriste en visite dans n’importe quel pays du monde, et sur n’importe quel territoire, a deux qualités qui en font les défauts : il est d’une part plus décontracté que dans son quotidien, d’autre part, il est peu informé sur la situation économique et politique du pays qu’il visite. Proie facile, il est aussi et surtout une proie symbolique synthétisant tous les supposés défauts de l’Occident. Tirer sur un touriste, c’est tirer sur un mode de vie et un modèle de développement en passe de se propager sur l’ensemble des continents mais jugé iconoclaste et immoral. Tirer sur un touriste, c’est tirer sur celui qui cherche à découvrir des cultures anciennes et à percer les mystères de l’histoire des autres peuples… Or, au royaume de la barbarie, l’altérité n’a pas droit de cité. L’autre est un ennemi.

 

… Inutile de revenir sur les conséquences de l’attaque du Bardo qui a d’ores et déjà fait les dégâts escomptés sur les réservations touristiques tunisiennes. Ce que l’on peut, hélas, comprendre. Qui a envie de s’exposer à la violence alors qu’il peut faire d’autres choix moins dangereux ? Voilà pourquoi, cette année encore, le Portugal, la Grèce, l’Espagne et autre Italie jouent des coudes pour s’attirer les faveurs des touristes européens.

Mais, l’actualité aidant et apportant parfois son lot de bonnes nouvelles, il se pourrait bien que quelques destinations convoitées mais jusque là inaccessibles, puissent renouer avec le tourisme. C’est surtout, selon nous, le cas de l’Iran. Désormais, seul pays musulman à offrir une certaine sécurité, l’Iran pourrait assouvir les désirs de culture islamiste de certains. D’ailleurs, le gouvernement iranien fait son possible pour ouvrir son pays et relâcher la pression des religieux. Rien pourtant n’est gagné sur le chapitre du nucléaire !

Quant à Cuba, l’île rêvée, elle devrait non seulement ouvrir plus grand ses portes mais, grâce à la levée de l’embargo américain, peaufiner ses infrastructures et moderniser son offre. Pour le meilleur et pour le pire. D’ores et déjà, Airbnb annonce y recruter des appartements de vacances. Le secrétaire d’état au tourisme français s’y est déplacé. Et le Seto affirme que la destination est en progression spectaculaire !

Même la Crimée voit ses doubler ses flux touristiques, à l’heure où les Russes sont pénalisés par une monnaie faible ! Pour en revenir à la fragilité de l’homo-turisticus, impossible de faire l’impasse sur le terrible crash de l’avion de Germanwings qui a branché les projecteurs de l’actualité sur les carences des compagnies aériennes et de leur recrutement, sur la fragilité de l’homme face à la machine, sur les incohérences d’un secteur qui semblait pour beaucoup « l’endroit le plus sûr de la terre ! »

Et, ce ne sont pas les prédictions du secrétaire général de l’ International Airport Council CAO  qui vont nous rassurer. Selon lui, le principal challenge de l’industrie aérienne consiste à remplacer une génération entière de pilotes, d’ici 15 ans et de la doubler afin de faire face à l’augmentation vertigineuse du trafic estimé à 6 milliards de passagers en 2030 et à 60 millions de vols !

De quoi frémir et s’interroger sur les chances de survie de ce malheureux touriste qu’une partie de l’humanité ambitionne pourtant de devenir.

Veille tendances

• Devoir d’innover ou d’inventer ? Un nouveau diktat non dénué de failles

A l’heure où l’innovation n’en finit pas de faire les unes des colloques et des médias, et dynamise les multiples espaces de création, formels, comme les incubateurs et les services de recherche et développement et informels comme les « hacker spaces » et les « maker fairs », qu’en est-il vraiment de l’innovation ? Faut-il innover à tout prix ?  Quelles questions se poser sur cette frénésie entrepreneuriale ?

• Le meilleur des mondes ? Les travailleurs « collarless » de l’économie collaborative

A l’heure de l’économie collaborative, nul ne peut contester que de nouveaux emplois totalement informels sont en train de voir le jour. Dans le secteur du tourisme comme dans tant d’autres. Avec des avantages et beaucoup d’inconvénients.

Veille comportements

• Les mesures du bonheur se multiplient. Pour quels résultats ?

Le 20 mars a été déclaré « Journée mondiale du bonheur ». Qui s’en est aperçu ? Pourtant, cette décision date de 2012. Prise par l’assemblée des Nations unies, elle confirme l’intérêt nouveau des gouvernants pour la santé morale de leurs administrés. Ce qui est une bonne nouvelle. Mais, d’une institution à l’autre, les calculs différent. Les résultats également. Au fait, où en est-on de l’humeur de l’humanité ? Et, les vacances y contribuent-elles ?

Loisirs : que fait-on ? que veut-on ?

A l’heure où les grands week-ends devraient permettre aux Français et aux Européens de consommer plus de loisirs et de bon temps, qu’en est-il vraiment des relations entre temps libre et temps de travail ? Et quelles sont celles des Européens ?

Veille-produits

• Les start up au secours de la presse papier ? Une concurrence prometteuse

Une guerre souterraine est engagée entre écrans et papier, on le sait. Notamment dans le monde des médias lourdement chahutés par l’irruption des médias numériques professionnels et des nouveaux venus amateurs. Mais, dans cette bataille, le papier n’a pas encore déclaré déclarer forfait. Pourquoi

• Les guides papier soutiennent-ils le défi du numérique ? Du livre à l’appli.

Du côté des guides touristiques, le paysage est différent. En effet, les guides papier survivent, malgré des difficultés qui nous semblent plus liées à la baisse du pouvoir d’achat et aux faibles taux de départ en vacances marchandes, qu’à un changement total de modèle. Mais, les versions numériques se bousculent au portillon pour remporter les marchés de demain. Sur les starting blocks, les géants du voyage se posent d’ores et déjà en redoutables concurrents.

• Le tourisme industriel au secours des entreprises françaises : Une vague montante

Vieux comme le tourisme, le tourisme industriel n’est pas qu’une vieille histoire. Cette pratique, quand elle est bien organisée, constitue aussi un moyen pour une entreprise en difficulté de survivre et pour une entreprise bien portante d’arrondir ses fins de mois. Une opportunité qui pourrait à l’avenir, continuer de mûrir et de se peaufiner. A condition que les opérateurs touristiques éduquent et épaulent les industriels en mal de recettes complémentaires

• Un spectacle intarissable : Un tourisme urbain triomphant mais menacé

L’attrait du tourisme urbain ne semble pas faiblir. La ville a beau tout faire pour se rendre désagréable, notamment sur le plan de la pollution, bruit, foule, embarras divers, elle n’en reste pas moins le meilleur grand spectacle auquel peuvent accéder les touristes. Lancée à grande allure, la locomotive du tourisme urbain a d’autant plus d’avenir que la concurrence stimule une offre d’une qualité et d’une diversité accrues. Seules menaces à l’horizon : la saturation annoncée.

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