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L’INSOUTENABLE LÉGÉRETÉ DE L’ÉTÉ

images-2Septembre 2015. N° 180

Libéralisation de l’autocar, ouverture des magasins dans les zones touristiques… L’été français a été marqué par une série de petits faits qui ont insensiblement modifié son visage touristique. Le tout, sur un fond de ciel bleu quasiment ininterrompu qui a réjoui l’ensemble des vacanciers et confirmé qu’une météo au beau fixe demeurait le principal critère de satisfaction touristique. Ciel bleu égal vacances réussies. Il n’y a décidément rien de bien nouveau sous le soleil !

Pendant qu’un peu partout dans l’Hexagone, on pavoise, produisant d’ores et déjà et avant même la fin de l’été, des statistiques de fréquentation positives, le ciel n’a pas été partout sans nuages. Les battements de l’aile du papillon ont bel et bien créé des remous sur un ensemble de secteurs : comme l’agriculture et l’élevage, toujours victimes des excès de la politique agricole européenne. Comme la crise grecque qui, loin d’être résolue, oblige le pays à vendre ses bijoux de familles, en particulier ses aéroports et déjà quelques plages, mais a fait bondir le tourisme hellénique rallié par toutes sortes de sympathisants. Que dire également de la tragédie de migrants sur les côtes et les routes européennes qui laisse nos pays totalement décontenancés… Que dire enfin, comme à l’habitude, de ces actes terroristes insensés qui ont touché la Tunisie et assassiné son tourisme, qui touchent l’Afrique et le Moyen Orient tous les jours, qui tuent à Bangkok et ont failli provoquer un carnage dans un train à grande vitesse en France !

 

Du côté de l’économie, la tourmente chinoise est bien évidemment d’ores et déjà une source de préoccupation, d’autant que la classe moyenne chinoise va en faire les frais la première et, que certains économistes sont pessimistes. N’est-il pas établi que le rythme de croisières des crises économiques est de 7 ans : 2008 -2015, voilà, nous y sommes ! Et, la flambée de la croissance américaine ne devrait rien y changer.

Mais, s’il est un secteur dans lequel, tout va plutôt bien, dans une sorte de meilleur des mondes où l’on ne se soucie guère des vents mauvais, trop occupés à créer, inventer, mettre au point de nouveaux gadgets, c’est toujours l’économie collaborative et ses prouesses digitales. De ce côté là, l’argent coule à flots, on « disrupte », on « ubérise », on « airbnbise », on lève des fonds, on multiplie une offre parfois inutile, bref, on spécule… De quoi faire cauchemarder les opérateurs traditionnels pressés de trouver une parade à cette offensive des « barbares du Net », comme certains de nos confrères n’hésitent pas à les baptiser ! D’autres de leur côté, désormais indifférents au sort du monde, se réfugient ailleurs : méditation, développement personnel, détox… Jamais la presse estivale n’a autant consacré de dossiers, reportages, numéros spéciaux aux pratiques alternatives de bien-être, alors que le seul fait de cesser de travailler apporte un mieux être, scientifiquement prouvé.

… En fait, rien, hélas, de bien nouveau, cette année. Si, l’Iran, peut-être d’où, après l’accord conclu sur le nucléaire, pourrait venir la paix ou la guerre…

 Josette Sicsic

Sommaire du numéro

L’Iran : un grand marché et une grande destination ?

imagesLe ministère du tourisme iranien n’y va pas par quatre chemins : en 2025, l’Iran devra accueillir 20 millions de touristes. Un objectif tout à fait réalisable, compte tenu des richesses culturelles de la destination. Mais, le rôle politique complexe de cet état rend le développement touristique moins évident qu’il n’en a l’air. Quant au marché iranien de la classe moyenne, il possède l’éducation et l’envie de voyager. Mais, rien non plus ne garantit l’ouverture du pays dans les deux sens.

 

Le tourisme africain en construction et déconstruction permanente

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L’Afrique catalyse les espoirs de nombreux investisseurs touristiques. L’Organisation mondiale du tourisme a d’ailleurs décidé d’en faire une priorité en se réunissant à Accra du 17 au 19 août autour du thème « renforcer la marque Afrique ». Mais, si le continent africain a semblé plein de promesses, la situation de son tourisme, après une embellie, n’est guère réjouissante. Pour l’ensemble du continent, les arrivées internationales ont reculé de 6%. Pour la seule Afrique subsaharienne, elles ont baissé de 5% au cours des derniers mois. Malgré un boom économique apparent, il est clair que l’Afrique fait face à de grandes disparités socio-économiques qui n’encouragent pas le développement d’un tourisme domestique. De plus, les crises politiques, sanitaires et terroristes à répétition sèment la terreur parmi les chancelleries occidentales et les voyageurs. Malgré ces difficultés l’Afrique réussira t-elle à dégager un modèle et s’inscrire dans le tourisme mondial ? Tour d’horizon de l’Afrique subsaharienne.

La peur du touriste : une émotion complexe

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Les attentats désormais récurrents visant des touristes occidentaux ne sont pas faits pour rassurer les voyageurs. Nouvelle donnée indispensable à la compréhension des comportements touristiques, la peur ne constitue pas une émotion homogène, également partagée par l’ensemble de la communauté voyageuse. Diverse, peut-elle être gérée ?

Your local cousin ? : Greeters contre greeters

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De nombreuses start-up proposent désormais des guides locaux non professionnels, capables de faire visiter leur ville sur des thématiques diverses. Inspirées du modèle des greeters qui pour leur part son bénévoles, ces formules sont payantes. Ont-elles un avenir ? Sans doute.

Le cerveau des vacanciers : comment fonctionnent-ils ?

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Les recherches incessantes entreprises sur la connaissance du cerveau sont catégoriques : il suffit que l’on soit en vacances pour que le cerveau au repos fonctionne différemment. Pour notre plus grand bien. Les vacances, y comprises totalement oisives, sont donc parfaitement bénéfiques.

Vivre ensemble : nous y sommes plus ou moins prêts

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Retrouvailles, partage, convivialité, solidarité, lien social… Depuis une bonne dizaine d’années, ces mots et expressions émaillent les discours des sociologues et des politiques. Le secteur touristique ne fait pas exception et argumente également sur la nécessité de retisser des solidarités durant le temps des vacances, en écho à un discours plus ancien, voire très daté aujourd’hui sur l’impératif de mixité sociale. Mais, qu’en est-il plus exactement ? La SNCF a aussi enquêté via son observatoire des « Relations à bord des trains » mis en place avec le concours de Vivavoice. Et, les enseignements de cette enquête sont très éloquents sur nos rapports au « vivre ensemble ».

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