Touriscopie

Et, si c’était vrai ?

 

paris-chris-morin

 

 

 

 

 

 

 

Alors que la COP21 bat son plein et que l’humanité reste suspendue aux décisions finales qui scelleront sa survie ou sa disparition à moyen terme, les artistes amateurs ou professionnels s’en donnent à coeur joie en matière de détournement, invention, créations susceptibles de suggérer le monde de demain. Parmi eux, Chris Marin a produit des photographies des monuments parisiens les plus emblématiques envahis par une végétation sauvage après que les citadins s’en soient éloignés. Futur proche ou lointain ? Futur à 2 ou à 4 degrés ? Futur invraisemblable ou probable ? Il n’en reste pas moins que ce type de scénario du futur qui se base sur des récurrences historiques somme toute banales comme l’abandon des grandes cités de l’empire maya ou de la cité d’Angkor au Cambodge, n’est pas totalement dénué de sens.

A l’heure où les informations alarmistes des climatologues font la une de tous les médias, ces images arborent le relief indispensable à la compréhension des phénomènes en cours, par tous les publics. Elles illustrent la décadence d’un monde qui, dans sa toute puissance prométhéenne, s’était cru capable de dompter la nature. Elles traduisent surtout l’urgence à agir à tous les étages, y compris dans le secteur du tourisme.

Un secteur qui, certes n’émet que 5% des gaz à effets de serre parmi lesquels les transports pèsent 70% mais qui pourrait bien, avec les deux milliards de touristes prévus dans 30 ans, en émettre beaucoup plus et ruiner par la même occasion ses paysages, ses sites naturels, ses monuments et ses plus belles destinations. D’ores et déjà, on prévoit qu’au milieu du siècle des destinations comme Haïti, le Bangladesh, les Maldives, une partie des Philippines, de la Thaïlande, la Birmanie, l’Inde, le Cambodge, l’Ethiopie, le Nepal… seront sinistrées donc infréquentables. Tandis que sur le continent africain, 12 pays sont signalés comme très exposés au pire, dans les 30 ans à venir. Au programme : canicules, inondations, épidémies, conflits. Pourtant, selon l’analyste de Maplecroft, ces pays attirent de très hauts niveaux d’investissements : http://www.climatehotmap.org/global-warming-effects/

En France, à en croire le dernier numéro de Sciences et vie- N°1178- la situation est tout aussi alarmante à moyen terme : outre les ravages sur les forêts, les côtes, les sols, les vignobles – sauf ceux de Champagne- il est à prévoir l’émergence de maladies tropicales, des pénuries d’eau, la dégradation de l’habitat, une accélération de l’érosion des monuments historiques, la fin des glaciers… ainsi que des bouleversements dans les vocations touristiques régionales. Ainsi, le Cotentin devrait devenir la région la plus douce été comme hiver, tout comme la Bretagne qui accueillera des vignes et produira des vins. Pendant que la montagne devra supprimer ses stations de ski situées à moins de 1800 mètres et les transformer en stations climatiques où l’on viendra en été prendre le frais alors que la Côte d’azur sera devenue irrespirable…