Touriscopie

NOS MEILLEURS VOEUX POUR 2016

 … Alors que la France fort légitimement commémore le terrible attentat qui a transformé sa population et celle du monde libre, du jour au lendemain, en « Charlie », on ne peut guère se contenter de se souvenir sans se poser les bonnes questions. Lesquelles touchent l’avenir d’un pays qui, portant les lumières du monde, est aujourd’hui en partie victime de l’obscurité voire de l’obscurantisme que certains souhaitent y projeter.

La France est en effet obligée de se débattre pour convaincre qu’elle est moralement digne de son histoire de pays des droits de l’homme, et qu’elle est physiquement suffisamment sûre pour accueillir des visiteurs. Plaidant non coupable par la voix de certains, ou coupable par la voix d’autres, elle offre une valse hésitation entre des extrêmes qu’on préfèrerait moins caricaturales et moins pernicieuses. Entre un peuple qui « pense » et un autre qui préfère ne pas réfléchir et se replier sur lui-même, notre pays est obligé d’actionner des emblèmes, de s’adonner aux gestuelles du souvenir et de mettre en place une sorte de marketing national susceptible de rassurer le monde sur sa fidélité à son passé.

Sous le regard de milliards d’yeux rivés sur leurs écrans en quête d’images, elle joue donc une partie difficile. Sur tous les terrains, y compris celui du tourisme qui a besoin, plus que d’autres encore, de paix, de fraternité et de liberté pour pouvoir se développer et remplir sa mission de rapprochement entre les peuples et leur culture.  Il y a un an à peine, ces questions ne se posaient pas. Il y a un an à peine, nos acquis étaient inébranlables. On pouvait caricaturer, ironiser, rire, blasphémer… Sans crainte. Aujourd’hui, beaucoup se satisfont d’une seule chose : on est vivants ! Born to be a live ! Ce n’était pas notre musique préférée. Mais, c’était avant un funeste 7 janvier 2015. C’était avant qu’on soit Charlie. C’était avant qu’on se contente d’être juste vivants.

Alors, Bonne année 2016 et tous nos vœux pour que celle-ci soit conforme à l’image d’une « douce France ». Josette Sicsic