Touriscopie

LE MEILLEUR DES MONDES ?

 

 

2000

Inutile d’aller au cinéma ni dans une fête foraine, la technologie va tellement vite que notre quotidien change tous les jours, sous les coups répétés de nouveautés technologiques qui, si elles ne sont pas forcément révolutionnaires, portent en elles le germe de l’innovation et transforment insensiblement notre quotidien en une sorte de monde magique. Un « Magic world » où il suffit d’appuyer sur une touche, de clicker sur un écran ou de passer une commande vocale, et nous voilà servis et parfois très bien servis par des applications impatientes de se rendre indispensables et de se ranger parmi les « scale up ». Car, en grandissant et en devenant prospère, on sort de son état de start-up pour accéder à une terminologie plus valorisante. Encore plus étonnantes que les applications, devenues si banales qu’on leur demande l’impossible, les robots humanoïdes qui ont investi assez rapidement le monde du tourisme : croisières, aéroports, hôtels voituriers, restaurants, musées… Avec tous les bonus et les malus que cela comporte. Notamment sur l’emploi.

Bien entendu la géopolitique défrayée par les crises migratoires, les révélations de fraudes fiscales à grande échelle impliquant une grande partie de politiques, les coups de butoir contre l’Union européenne, n’a rien de réjouissant, surtout à la veille des vacances de printemps et d’été dont on ne peut encore prédire grand chose, si ce n’est qu’elles seront bienvenues et que chacun cherchera à en tirer le meilleur parti.

Quels que soient les moyens mis en œuvre, quelle que soit la destination. On ira où on pourra. On dépensera ce que l’on pourra. Pourvu que l’on puisse s’évader et peut-être s’inventer une autre vie, une autre personnalité, une autre occupation professionnelle… Hors des cadres, hors des murs, hors des normes, en espérant qu’il existe encore des possibilités de faire autrement.

En attendant, voici le sommaire des sujets traités ce mois ci dans la version numérique de Touriscopie, vendue sur abonnement.

Josette Sicsic

Sommaire n°187-Mars/Avril 2016

La dernière frontière de l’individualisme. « le by myself » s’amplifie

On a beaucoup évoqué l’individualisme contemporain. Parfois, comme s’il s’agissait d’une nouveauté comportementale. Alors qu’il s’agit d’une attitude relativement ancienne qui n’a fait que s’amplifier. Il semblerait cependant qu’aujourd’hui, plus que jamais, et malgré des apparences collaboratives, l’individualisme prenne un nouvel essor. On ne cherche pas seulement à consommer autrement mais à produire par soi même tout ce qui peut l’être, en particulier des éléments vitaux pour notre survie. La crise de confiance est de plus en plus forte. Le « do it yourself » devient le « by myself ».

Les robots auront un impact sur les comportements touristiques

On ne compte plus les nouveautés en matière de robotique. Toutes les semaines, nous apprenons qu’un nouvel opérateur s’équipe de ces machines intelligentes qui se permettent d’avoir des apparences et une voix humaines. Mais, l’irruption de ces êtres du troisième type ne peut être prise à la légère. Elle pose forcément des problèmes nouveaux que nous ne pouvons esquiver. Prêts à suivre le débat, nous l’amorçons aujourd’hui.

Les voitures sans chauffeurs auront des conséquences sur l’emploi, sur les routes et les imaginaires.

L’arrivée sur le marché des premières voitures sans chauffeur, ne cesse de se rapprocher. Variable selon les constructeurs, elle devrait devenir une réalité dans plus ou moins 5 ans. Soit demain matin. Une révolution dont on a du mal à cerner les points forts et faibles qui sont bien évidemment nombreux. Une révolution qui signe en tout cas la fin d’une longue domination de l’automobile dans nos rues et sur nos routes. Le monde d’hier ne sera bientôt plus.

les Européens : le présent d’abord !

A l’heure où l’Europe glisse sur la mauvaise pente, les Européens partagent-ils des valeurs , aspirations et des préoccupations ? Oui, en partie. Mais, avec des clivages inattendus notamment sur l’intégration de leur pays à l’Union Européenne. Seul consensus : la sécurité et une forme d’hédonisme consistant à se réfugier dans le présent.

 Les familles avec enfants, un marché à peine changeant

Selon une récente étude publiée par le CRT Ile-de-France, en 2014, 23% des touristes français et internationaux présents à Paris Île-de-France sont venus en famille. Ils ont généré 36,5 millions de nuitées et, avec une dépense moyenne de 106 euros par jour et par personne, ils sont à l’origine de 3,9 milliards de retombées économiques sur le territoire.

Indéniable, la place de la famille dans la population touristique se confirme comme une valeur sûre que tous les opérateurs privés et publics n’hésitent pas à cibler. Brochures recensant l’offre, « escape et serious games », courses au trésor, visites guidées, offres locatives, offres hôtelières diverses, tarifs familles… On affiche également de plus en plus d’égards vis-à-vis de cette catégorie de clientèles qui, comme tant d’autres, subit quelques évolutions.

Les concepts hôteliers peuvent-ils se réinventer ?

Le dernier « Global Lodging Forum » a offert une photographie de l’industrie hôtelière en 2016. En plein dynamisme sur le plan des fusions et rachats, elle n’en reste pas moins peu créative. A notre goût en tout cas. Voilà pourquoi l’offensive du collaboratif l’a prise au dépourvu et n’en finit pas de la contrarier. Voilà pourquoi le groupe Accorhôtel a encore mis la main sur une star du collaboratif : Onefinestay.

Pourtant, quelques architectes novateurs font des efforts pour renouveler le genre et donner le goût de passer une nuit originale à l’hôtel. Alors qu’une catégorie d’hôteliers privilégient la clientèle jeune en imitant le Mamma Shelter et plus loin le modèle inégalable des auberges de jeunesse, de nouveaux services surtout apparaissent. Ainsi, le « day use » ( location à temps partiel) par exemple ou l’hôtellerie low-cost des Nomad hôtels où l’on peut choisir de supprimer des prestations pour faire des économies se révèlent d’excellents exemples des possibilités restant à l’hôtellerie pour trouver des revenus additionnels. Les établissements éphémères investissent aussi certains créneaux, comme le Wheel hôtel qui n’a pas encore trouvé preneur sont intéressants aussi… Mais, on peut se demander si l’innovation en matière d’hébergement n’est pas limitée par les besoins anthropologiques « essentiels » et « nécessaires » de l’humanité…

Shopping et art : l’Europe est-elle vraiment « à l’ouest ? »

Le débat public sur Europa City, le projet phare de l’Ile de France, devrait nous inciter à nous poser les bonnes questions. Est-il réaliste de vouloir attirer 40 millions de visiteurs dont une majorité de touristes internationaux, en Ile-de-France, dans ce qui devra, malgré quelques alibis culturels, n’être qu’un centre commercial de la quatrième génération ? Est-il même utile de se poser cette question quand se construisent en Asie et dans les Emirats, de gigantesques Malls capables d’accueillir Moyen Orientaux, Asiatiques, Africains, Européens grâce à leur situation de carrefour international ? Le commerce ne devrait-il pas baisser sa voilure et se rendre à l’évidence d’une baisse d’intérêt pour la consommation matérielle, visible d’ores et déjà parmi certaines nationalités et prévisible pour les autres ?

Même constat dans le domaine de l’art contemporain, à l’heure où Art Dubaï, après I0 ans d’existence, se confirme comme un carrefour de l’art contemporain capable d’attirer des artistes moyen orientaux, indiens, iraniens, égyptiens… Art Paris affiche un bilan morose. Le monde continue-t-il de glisser à l’Est ?

 

NOTEZ  : C’est sur cet intitulé que la DGE organise une journée dédiée à la concrétisation de nouveaux concepts destinés à satisfaire nouvelles clientèles et nouveaux comportements. Le tout à un horizon très éloigné : 2050 ! Nous participons à la séance d’ouverture sur ce thème prospectif. 

DGE.7 juin