Touriscopie

EST-IL MINUIT DANS LE SIECLE ?

 

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Depuis 2015, comme nous l’avons déjà écrit, “nous avons été Charlie”, Paris, Bruxelles, Orlando, Istanbul, Kaboul… et maintenant Nice. Enfin, non pas vraiment, car beaucoup plus rares sont ceux qui aujourd’hui se rangent derrière ce slogan. Non qu’ils soient indifférents, non qu’ils ne soient pas solidaires. Non, ils sont révoltés. En quelques mois, le terrorisme s’est déplacé du symbole au tout venant. Des journalistes de Charlie-Hebdo à des promeneurs comme vous et moi désireux de passer un moment agréable devant l’une des plus belles baies du monde, l’actualité s’emballe. L’histoire aussi. Ce sombre vingt-et-unième siècle ne commence pas bien et nous aurions tort de penser que l’horizon va bientôt s’éclaircir. Comme nous l’avons déjà écrit, on pourrait bien assister à un crescendo de la violence dans les 20 années à venir, avant de connaître enfin une désescalade aux alentours de 2030.

A court terme, l’avenir du tourisme est donc brouillé et dangereux. Il l’est d’autant plus que, si l’on accepte de regarder de l’autre côté des frontières européennes, les ingérences chinoises en Mer de Chine, ne sont pas très rassurantes. Condamné par le tribunal de la Haye, Pékin semble pourtant décidé à poursuivre sa stratégie expansionniste, quitte à se mettre à dos tous ses voisins régionaux : Vietnam, Indonésie, Philippines…

Quant au coup d’état manqué d’Istanbul, ne nous en réjouissons pas. Le président turc est d’ores et déjà en train d’en tirer le meilleur parti. Les purges ont commencé. Une fois terminées, il aura un boulevard devant lui pour verrouiller un pays risquant aujourd’hui un retour en arrière fatal pour son tourisme. Un secteur pourtant épanoui sur lequel il avait beaucoup misé.

Evidemment, les Britanniques avec un vote en faveur du Brexit ont créé une surprise désagréable au monde entier, dont nul pour le moment ne peut réellement estimer les conséquences. Tandis qu’outre Atlantique, avant la fin de l’année, 60% des Américains iront décider aux urnes du sort de la planète en élisant leur président. ! Se débattant au milieu de tous ces tracas, l’industrie touristique tente de rassurer et de surfer positivement sur la vague estivale. Il est clair que certaines destinations comme l’Espagne, le Portugal, la Grèce et même Chypre tirent un excellent parti du retrécissement du monde. Mais, un monde retréci est un monde déréglé qui a tout intérêt à revoir sa copie s’il tient à donner un espoir à l’humanité.

A l’inverse et pour démontrer la fascinante dualité et absurdité du monde dans lequel on vit, une grande partie de l’humanité est en train de chasser le Pokemon. Une chasse miraculeuse mise au point par Nintendo consistant à courir après ces petits personnages et animaux virtuels, sur un territoire réel à partir des indications fournies sur une application !

 

Josette Sicsic

 

SOMMAIRE N° 190

 

Débat : Avant, on faisait du marketing. Pages 1 et 2. Destination : Turquie, une destination en péril. Pages 3 et 4. Tendances : Vacances, un miroir des inégalités. Pages 5 et 6. Produits : Les victoires de la cause animale   Pages 7 et 8. Comportements : Solitude, un produit touristique ? Pages 9 et 10. Comportements : Les rituels touristico vestimentaires, une grille de lecture indiscutable. Pages 11, 12, 13, 14. Utopie : une île vraie. Pages 15 et 16.