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LA DISRUPTION DU MONDE

 

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Bien entendu l’actualité récente est toujours dominée par les élections américaines et l’expectative qu’elle provoque parmi la grande majorité des états, de la Chine à Cuba. Mais, depuis l’annonce des résultats, l’actualité est également dominée par une querelle endogène parmi les média qui s’auto accusent de n’avoir pas vu venir la victoire d’un milliardaire, vedette de talk shows, acteur de quelques polémiques insupportables qui lui ont servi d’arguments politiques pour mener sa campagne. Et, en quelques heures, voilà que les élites des pays avancés découvrent qu’en démocratie, le peuple revendique son droit à la parole et peut s’exprimer à contre courant des opinions et des cadres établis.

En somme, dans un monde où tous les secteurs « disruptent », notamment le secteur touristique, les populations disposant du droit de s’exprimer, cassent les codes, rompent avec des décennies de conformité historique, bref, se révoltent quitte à faire n’importe quoi. Inutile de revenir sur les multiples exemples que l’actualité nous offre tous les jours de cette explosion déraisonnable qui va à l’encontre de la liberté et du bien-être des populations. Mais, c’est ainsi. Et, d’ores et déjà, le secteur touristique a un peu de souci à se faire. Tandis qu’il tente de combattre comme il peut les risques terroristes, la psychose qui s’est emparée de certaines clientèles, reste tangible. Les clientèles touristiques continuent de bouder la France. Il faut dire que les récentes images des commémorations du 13 novembre, largement diffusées dans la presse internationale, ont inévitablement ravivé des dramatiques souvenirs de l’automne passé. Pourtant, il fallait commémorer cette horreur pour éviter qu’elle se répète.

Aujourd’hui, les signes de désaffection touchent aussi les pays considérés comme politiquement incorrects. De la Hongrie à la Turquie où les purges se renforcent et où la liberté de la presse n’est plus qu’un bon souvenir, les excès des gouvernements ne font pas le jeu du tourisme. Selon le site Kayac.fr, on aurait même depuis l’élection de Donald Trump, enregistré une baisse des consultations sur les USA de l’ordre de 20 à 30% selon le pays d’origine. Rien d’étonnant. Le visage aimable de l’Amérique s’est durci en une nuit. Et, l’ombre sur le tourisme américain risque de perdurer car les élites occidentales étaient plus nombreuses à traverser l’Atlantique que les couches défavorisées de la population d’un pays que l’on s’évertue à ne pas voir changer. Les années Obama n’étaient pas la fin de l’histoire. Il était encore trop tôt pour rêver d’un monde résilient, serein, tolérant dans lequel le touriste pouvait se déplacer en paix.

D’ailleurs, lorsque le premier ministre français annonce un plan de mesures pour le tourisme, il parle bien de sauvetage en égrenant un budget de 42 millions d’euros dans lequel les mesures de sécurité diverses représentent une moitié de la somme. La terminologie n’est pas guerrière mais pas loin.

Josette Sicsic

Sommaire

 Marchés : Les expatriés, une population hybride. Pages 1,2,3,4.

Comportements : Sud coréennes et Japonaises : un monde de différences. Pages 5,6.

Futur : Emirats arabes unis : un mirage durable ? Comment Dubaï et Abu Dhabi voient le futur. Pages 7,8,9,10.

Stratégie : Wine tech, food tech : entre succès et échecs. Pages 11,12,13,14.

Produits : la possibilité d’une île. Pages 15,16

Tendances : La mort des idoles sert les intérêts touristiques. Pages 17,18