Touriscopie

LE TOURISME DE MASSE EN ACCUSATION

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Numéro 200. Août 2017

Que retenir de cet été 2017 si ce n’est cette vague d’anti tourisme qui secoue certaines stations et villes espagnoles et passionne les médias grand public ? Lesquels, soudain, découvrent que le tourisme de masse n’est pas sans poser de problème. Très largement traité et repris sur bon nombre de radios et télévisions dans des débats auxquels Touriscopie a été souvent convié, ce sujet que nous n’avons cessé de traiter depuis 20 ans, constitue bel et bien selon nous, l’urgence des années à venir et répétons-le, un combat d’avant garde et non pas d’arrière garde…

Pour son deux- centième numéro, donc pour ses 20 ans d’existence, Touriscopie revient sur le sujet… Un sujet complexe, incompatible avec la culture de la performance touristique et la bataille que se livrent les destinations pour accéder aux premières places du palmarès international. Un sujet d’autant plus délicat qu’il contredit en partie les volontés exprimées par les organismes internationaux de développer durablement notre planète et d’en préserver les richesses. Un sujet traduisant somme toute les incohérences de notre millénaire en proie à un désir effréné de plaisir qui, tel un boomerang se retourne contre lui. Après l’anti tourisme, hélas, il y a en effet eu le terrorisme qui s’est abattu sur une ville festive et insouciante, symbole d’un monde que certains obscurantistes s’acharnent à détruire. Existe t-il d’ailleurs une relation de cause à effet entre ces deux phénomènes ? Évidemment non. L’hostilité d’une population locale contre une population exogène qui lui dérobe une partie de son territoire pendant quelques semaines dans l’année, n’a rien à voir avec les voitures béliers, la haine et le meurtre. Sauf que Barcelone et ses millions de touristes, en s’imposant dans les médias en tête du hit-parade des destinations touristiques estivales s’est aussi imposée en tête des villes emblématiques à détruire de toute urgence.

… Il y a moins de 20 ans quand Touriscopie faisait ses premiers pas en se proposant de comprendre l’esprit du touriste afin d’en exposer les comportements et les aspirations, ce genre de drame était loin de nos pensées. Il était encore plus loin de celles de toute une profession confiante dans l’avenir, marchant vers un futur lumineux éclairé par les premiers écrans de sites internet soucieux d’élargir nos horizons et d’en faciliter l’accès. Les Twin Towers ne s’étaient pas encore effondrées, les geeks commençaient à bricoler dans leurs ateliers de la Silicon Valley et l’on comptait seulement quelque 630 millions de touristes dans un monde qui comptait moins de 6 milliards d’habitants. Sans oser imaginer que dans les années suivantes bon nombre d’entre eux seraient des Chinois. C’était hier, c’était seulement hier…

Josette Sicsic

Sommaire du Numéro 200. Août/Septembre

Actualités : Crise du tourisme de masse à l’espagnol : Anti tourisme, terrorisme, la Catalogne sur la sellette. Pages 1,2,3,4.

Comportements : Entre amour et désamour, le touriste doit se réinventer. ? Pages 5 et 6.

Produits : Bien-être : le flou de l’offre et des formations. Pages 7, 8, 9, 10

Marchés : Iran, Turquie, Tunisie… : petits arrangements entre tourisme et politique. Pages 11 à 14.

Marchés : le tourisme russe se tourne vers l’Asie et vers son marché national. Pages 15,16.

Tendances : Les clientèles asiatiques se mettent au fitness. Pages 17 et 18.

Prospective : Notre cœur tendra-t-il toujours vers le sud ? La fin de l’héliotropisme. Pages 19 et 20.