Touriscopie

LES TURBULENCES D’UN MONDE EN QUÊTE D’APAISEMENT

103.Nicoya.p.4

Numéro 201. Octobre 2017.

Quand l’information coule à flots par le truchement d’images instantanées, les esprits résistent mal à l’anxiété. Après les cyclones dévastateurs, les tueries ignobles en plein cœur de la capitale mondiale du jeu et sur le parvis d’une gare française, les scènes de guérilla dans les rues de l’une des villes les plus touristiques et joyeuses du monde, les incendies à répétition en Europe et en Californie… l’humanité a d’autant plus de mal à convaincre de sa volonté de couler des jours tranquilles qu’un drôle de président américain multiplie les prises de décision inconséquentes et les agressions verbales contre un autre drôle de président nord coréen avec lequel on ne sait sur quel pied danser ! Comme nous l’avons souvent souligné, la grande majorité de l’humanité n’a pas l’humeur belliqueuse. Jamais, elle n’a autant éprouvé la volonté de ralentir le rythme, de ménager sa santé, sa vie personnelle, sa famille. Et, nous n’en sommes qu’au début d’une spirale très épicurienne qui ira crescendo et se déploiera sur tous les continents, dès lors que leurs populations auront satisfait leurs besoins essentiels.

Pour en revenir au secteur touristique, il semble avoir passé un bel été, dans notre pays et quelques autres destinations européennes. Parmi elles, le Portugal, l’Italie, le Royaume-Uni, l’Allemagne et désormais la Grèce qui, malgré, ou grâce à une crise économique non réglée, s’attire les faveurs de ses clientèles traditionnelles mais aussi de nouvelles clientèles comme les Chinois et, termine l’été sur des performances lui permettant d’envisager l’avenir en rose. Sauf que, la Grèce, un pays fragile sur le plan environnemental, est à la croisée des chemins. Comme l’Espagne, cette destination peut basculer du mauvais côté, succomber aux sirènes du tourisme de masse et perdre l’attractivité qu’elle a auprès de ses visiteurs historiques en quête d’harmonie, de simplicité, bref de cette ataraxie que conseillaient justement les Épicuriens. Le risque est d’autant plus grave que les mauvaises habitudes sont vite prises et que l’on revient difficilement en arrière. À moins d’événements inattendus.

Le journal El Pais relate en effet que la capitale catalane a perdu 30% de sa fréquentation. Non pas le lendemain des attentats, mais le lendemain du référendum ! Faut-il en arriver là pour faire marche arrière et retrouver des niveaux de fréquentation soutenables pour la population locale et ses visiteurs ? Espérons que non. Un Brexit suffit largement à fracturer l’Union européenne. Inutile d’ajouter un « catalognexit ».                                                                                                                                                                                                Josette Sicsic. Lire pages 13, 14, 15, 16.

Sommaire du Numéro 201. Septembre/Octobre 2017

 Tendances : « Blue zones, blue zoners » : La montée en puissance des territoires où vivre jeunes. Pages 1, 2, 3, 4.

Tendances : La sylvothérapie réinvente le bien-être : un nouvel avenir pour la forêt.

Pages 5 et 6.

Marchés : Les classes moyennes chinoises évoluent. Elles atteignent le sommet de la pyramide de Maslow. Pages 7 et 8.

Prospective : L’aérien se brûle les ailes. La crise du low-cost est-elle possible ?

Pages 9, 10, 11, 12.

Alerte : Grèce : la tentation du tourisme de masse. Pages 13, 14, 15, 16.

Comportements : Le télétravail progresse. Le tourisme et les loisirs en profitent-t-il ?

Pages 17 et 18.

Produits : Sommeil et sécurité : les dilemmes de l’hôtellerie. Pages 19 et 20.

Portrait : Celui qui aime le jazz… la nature, les défis, la pierre et les vacances. Portrait de Gérard Brémond, Pdg du groupe Pierre&Vacances/Center-Parcs. Pages 21 et 22.