Touriscopie

LA CHINA PRIDE / un nouvel avenir

LA “CHINA PRIDE” : UN NOUVEL AVENIR

 

mode-chinoise-3

La célébration du nouvel an chinois a-t-elle fait entrer le monde entier dans l’année du chien ? Pas encore. Mais, d’une année sur l’autre, les décorations et le marketing liés à l’entrée dans une nouvelle année gagnent du terrain en Occident, où les grands magasins, villes, rues s’ornent d’une imagerie qui n’a rien à voir avec la tradition occidentale. Mieux, toujours en quête de festivités, les Occidentaux se ruent sur les défilés de dragons et dans les restaurants et marchés asiatiques participant à la fête ! Que signifie un tel engouement dans nos sociétés ? Plusieurs choses. D’une part, l’ascendant économique de l’Empire du Milieu, deuxième puissance économique mondiale, est une réalité. Deuxièmement, il existe une volonté réelle de donner confiance à la diaspora asiatique dont l’importance pèse de plus en plus lourd tandis que le tourisme en provenance de Chine semble de plus en plus encourageant. Selon les dernières estimations de Forwardkeys, il devrait encore progresser l’an prochain grâce à l’ouverture de nouvelles liaisons aériennes. Enfin, l’engouement de nos contemporains pour la nouveauté reste bien entendu déterminante. Au dela de cet affichage, la question que nous nous posons depuis longtemps réside dans la domination culturelle du monde. Alors que l’Occident a régné en maître et que l’Europe et les USA ont tiré les ficelles de la vie artistique et culturelle de la planète, l’Asie s’est éveillée. Et, cette nouvelle Asie, après une phase de soumission à la culture occidentale, est aujourd’hui en plein “empowerment”. Lors de la dernière édition de China Connect qui s’est déroulée à Paris, les spécialistes du sujet ont bel et bien prévenu que la Chine notamment, après le Japon, ne se laissera pas faire. Les Chinois, non seulement redécouvrent leur culture mais, ils créent et inventent via une nouvelle génération d’artistes, des oeuvres et des produits dont la qualité est de plus en plus irréprochable, à travers des enseignes qui seront de nature à défier les marques occidentales”.

 

Alors que le meilleur moyen d’afficher son statut social consiste encore aujourd’hui à arborer des vêtements et des voitures signés par des créateurs européens et nord américains, cette tendance devrait s’émousser. Elle devrait en tout cas devenir “mainstream” alors que l’élite chinoise cherchera pour sa part à se démarquer à travers une consommation de luxe national. A l’appui de cette thèse tout à fait crédible, la volonté actuelle de se libérer des tabous familiaux et sociaux et de créer une nouvelle “social currency” capable de créer de nouveaux rêves pouvant influencer ses semblables. D’où la culture intensive des selfies mais aussi de ces fausses identités que les jeunes multiplient sur les réseaux sociaux, pour prouver leur créativité, leur singularité et en même temps être approuvés par leurs semblables. Car, autre point, les Chinois ne sont pas individualistes. Le groupe reste leur référence. On est donc bel et bien en train d’entrer dans une nouvelle ère, celle de la “China pride” et les opérateurs touristiques comme les autres auront à en tenir compte. Avec subtilité. Car ce marché change vite, très vite. Après l’année du chien, quelle année ? Celles des Jeux Olympiques d’hiver en tout cas qui devrait focaliser de nouveau les projecteurs sur l’Empire du Milieu !

 

Josette Sicsic

 

Sommaire du N°205. Mars 2018.

Comportements : Ethique : consommation responsable, on progresse à petits pas Pages 1 à 4.

Comportements : Wellbeing et spiritualité : six profils de clientèles. Pages 5 et 6.

Futur : La montagne contrainte de rajeunir. Pages 7 et 8.

Futur : Le tourisme vert en pleine disruption ? Pages 9 et 10.

Produits : Les wellness communities : un modèle à imiter, un avenir à inventer. Pages 11 et 12.

Destinations Asie : béton, pollution, saturation : cinq destinations en ligne de mire. Pages 13 à 16.

Tendances : Omotenashi ou l’art d’accueillir au Japon. Pages 17 à 20.