Touriscopie

Editorial

LES DATAS NOUS VEULENT-ELLES DU BIEN ?

 

blphoto-300x200

NUMÉROS 202/203

Dans un contexte hivernal blafard que la mort de nos idoles rend encore plus triste et froid, ce n’est pas une nouveauté : les informations concernant les progrès réels ou fantasmés de l’univers digital sont en train de noyer l’information concernant l’actualité politique, sociale, culturelle… Le secteur du tourisme n’y échappe pas. Il ne se passe guère une journée sans que les multiples médias consacrés à l’e.tourisme ne déversent leurs lots de « news » dont beaucoup concernent les « success stories » de toutes sortes de start-up ayant décroché des centaines de milliers de dollars de la part d’investisseurs courant de hackatons en « pitch parties » pour dénicher la perle rare. Celle qui, en moins de 5 minutes, aura surtout réussi l’exploit de les convaincre de son efficacité.

Dans un monde où l’innovation ne doit plus avoir de limites, il s’agit de penser vite, de parler vite et de convaincre encore plus rapidement. Car, la concurrence est rude. Elle l’est d’autant plus que l’avenir financier, législatif, politique des « licornes » de l’internet dont les fameux GAFA, ne sera pas forcément linéaire. Il peut reculer ou stagner. Non pas pour des raisons technologiques, mais plutôt pour des raisons sociologiques. « Que deviendront nos démocraties quand Google et Facebook connaîtront nos goûts et nos préférences politiques mieux que nous-mêmes ? Qu’adviendra-t-il de l’état providence lorsque nous, les humains seront évincés du marché de l’emploi ?  » interroge, parmi tant d’autres, l’essayiste Yuval N. Harari dans son best seller international : « Homo deus ». Il est clair qu’une révolution comme celle que nous vivons ne peut faire l’économie d’une réflexion poussée, capable d’anticiper et de nuancer les avancées inexorables de l’intelligence artificielle et ses capacités à brasser les milliards de données que nous, humains armés de nos petits smartphones, nous lui fournissons. Sans vraiment sourciller. Enfin si ! Nous commençons tout de même, comme le soulignent bon nombre d’études, à craindre pour nos données personnelles et leur diffusion illimitée.

LES TURBULENCES D’UN MONDE EN QUÊTE D’APAISEMENT

103.Nicoya.p.4

Numéro 201. Octobre 2017.

Quand l’information coule à flots par le truchement d’images instantanées, les esprits résistent mal à l’anxiété. Après les cyclones dévastateurs, les tueries ignobles en plein cœur de la capitale mondiale du jeu et sur le parvis d’une gare française, les scènes de guérilla dans les rues de l’une des villes les plus touristiques et joyeuses du monde, les incendies à répétition en Europe et en Californie… l’humanité a d’autant plus de mal à convaincre de sa volonté de couler des jours tranquilles qu’un drôle de président américain multiplie les prises de décision inconséquentes et les agressions verbales contre un autre drôle de président nord coréen avec lequel on ne sait sur quel pied danser ! Comme nous l’avons souvent souligné, la grande majorité de l’humanité n’a pas l’humeur belliqueuse. Jamais, elle n’a autant éprouvé la volonté de ralentir le rythme, de ménager sa santé, sa vie personnelle, sa famille. Et, nous n’en sommes qu’au début d’une spirale très épicurienne qui ira crescendo et se déploiera sur tous les continents, dès lors que leurs populations auront satisfait leurs besoins essentiels.

LE TOURISME DE MASSE EN ACCUSATION

349

Numéro 200. Août 2017

Que retenir de cet été 2017 si ce n’est cette vague d’anti tourisme qui secoue certaines stations et villes espagnoles et passionne les médias grand public ? Lesquels, soudain, découvrent que le tourisme de masse n’est pas sans poser de problème. Très largement traité et repris sur bon nombre de radios et télévisions dans des débats auxquels Touriscopie a été souvent convié, ce sujet que nous n’avons cessé de traiter depuis 20 ans, constitue bel et bien selon nous, l’urgence des années à venir et répétons-le, un combat d’avant garde et non pas d’arrière garde…

Pour son deux- centième numéro, donc pour ses 20 ans d’existence, Touriscopie revient sur le sujet… Un sujet complexe, incompatible avec la culture de la performance touristique et la bataille que se livrent les destinations pour accéder aux premières places du palmarès international. Un sujet d’autant plus délicat qu’il contredit en partie les volontés exprimées par les organismes internationaux de développer durablement notre planète et d’en préserver les richesses. Un sujet traduisant somme toute les incohérences de notre millénaire en proie à un désir effréné de plaisir qui, tel un boomerang se retourne contre lui.

« IL N Y AURA PAS DE PLANETE B »

17119524_custom

Juin 2017. Numéro 199

Que retenir des quelques semaines passées ? En France, des élections présidentielles et législatives pour le moins inédites permettent de pousser un soupir de soulagement. Ce qui n’est pas le cas outre-Manche où le faible score de la première ministre ralentit la sortie de l’Union européenne d’une Grande-Bretagne d’ores et déjà économiquement affaiblie. Les attentats tout aussi meurtriers d’un pays à l’autre comptent pour leur part parmi les événements les plus navrants à l’heure où une météo on ne peut plus clémente incitait les Européens à renouer avec l’envie de faire la fête. Autres côtés sombres de l’actualité : la bataille de Rakka qui n’est pas encore gagnée, les migrants qui meurent en Méditerranée, les opposants russes ou turcs arbitrairement emprisonnés tandis que les excès du président américain continuent d’empoisonner la vie d’une grande partie de l’humanité… Non, les lendemains qui chantent ne sont jamais garantis !

UN MONDE TOURISTICO COMPATIBLE

Numéro 198 – Avril 2017

images 

De nouveaux attentats ont frappé des destinations qui ne s’y attendaient pas ! De Londres à Stockholm en passant par Paris, l’Europe est sur le qui vive, d’autant que rien n’est résolu au Moyen-Orient et qu’un certain président nord coréen joue avec le feu, dans l’espoir de déstabiliser la Chine, la Corée du sud et par la même occasion, les USA ! Parviendra-t-il à ses fins ? Le risque existe. Comme existe le risque de voir notre démocratie reculer, de voir les crises migratoires enflammer l’Europe, de voir l’axe Moscou, Téhéran, Damas se renforcer alors que les mouvements populistes divisent les peuples et qu’un certain président turc s’arroge les pleins pouvoirs. Y compris ceux d’emprisonner sans aucune forme de procès les portes paroles de la liberté.

Nous aurions pourtant bien aimer parler d’autre chose ! Mais, à l’heure des choix présidentiels, alors que l’avenir reste improbable, le tourisme est plus que jamais un pion que les destinations avancent avec prudence sur un échiquier très instable… Alors que nous rêvons d’un monde meilleur, nous marchons sur des mines nichées sous la plage, sans doute prêtes à exploser.

UN TOUT PETIT MONDE QUI NE TOURNE PAS ROND

           NUMÉRO 197. Février- Mars 2017

48744705 - vector illustration of a bomb with world map and match in fire

Avec en toile de fond une actualité pour le moins répétitive et non moins dangereuse, les candidats à la présidence n’ont pas vraiment fait recette dans les médias nationaux sur la thématique du tourisme. Une fois de plus, les rumeurs et autres incohérences de la vie politique ont anéanti en partie les échos d’un secteur qui, plus que jamais, devrait être privilégié. Mais, pas n’importe comment. D’autant que le monde et les pays fréquentables sont de moins en moins nombreux alors que l’envie de fuir est de plus en plus forte…

Objectif : 110 millions de touristes pour le candidat d’En marche !  La course à la quantité repartirait de plus belle à l’heure où elle devrait ralentir le rythme ? Bon ! Créer de l’emploi, pour Les Républicains, par la voix de JP Raffarin très impliqué sur ce sujet dans sa région, voilà qui est plus audible. D’autant que l’ancien premier ministre entend en cas de victoire, rattacher le tourisme au nouveau premier ministre ! Mais, pourquoi ne l’a-t-il pas fait en son temps ? Bizarre ! Augmenter le salaire minimum pour permettre aux Français de repartir en vacances, c’est là une facette du projet de JL Mélenchon… Sauf, que ce candidat a peu de chance de mettre son programme à exécution. Dommage !

… En fait, par les temps qui courent, l’avenir même proche, n’offre aucune visibilité. Ce qui n’est pas sans faire naître, au sein de nos sociétés, un sentiment redoutable que le politologue Brice Teinturier traduit par : « Plus rien à foutre ». Une attitude qui a engendré une nouvelle catégorie de citoyens : les « PRAF » !

LA COMPLEXITE TOURISTIQUE

Un touriste complexe dans un monde complexe

couverture_custom(3)

Les  performances de l’année écoulée ne sont pas aussi mauvaises qu’on l’a dit. Globalement, au niveau mondial, l’industrie touristique a bien tourné. Seules les destinations frappées par des attentats, des épidémies, des catastrophes environnementales, ont souffert. Parmi elles, la France qui ne pourra pas revendiquer de nouveaux records mais qui, en revanche, affiche avec optimisme ses prochains objectifs : 100 millions de touristes internationaux pour les années à venir ! Pourquoi pas ? Dans un monde en proie à la « disruption », la messe n’est pas dite et l’avenir n’est pas écrit. Comme nous avons pu l’expliquer au cours de la conférence consacrée au tourisme en 2050, dans le cadre de la journée « Entreprendre et Innovover dans le tourisme »   organisée par la DGE, les seuls indicateurs lisibles sont la démographie, en partie, l’environnement, la technologie et le développement des transports et de l’offre touristique. En revanche, nul ne peut prédire avec certitude ce que seront ces deux indicateurs majeurs : la géopolitique et l’économie qui peuvent faire et défaire les situations les plus établies.

LA DISRUPTION DU MONDE

 

paula-cappa

Bien entendu l’actualité récente est toujours dominée par les élections américaines et l’expectative qu’elle provoque parmi la grande majorité des états, de la Chine à Cuba. Mais, depuis l’annonce des résultats, l’actualité est également dominée par une querelle endogène parmi les média qui s’auto accusent de n’avoir pas vu venir la victoire d’un milliardaire, vedette de talk shows, acteur de quelques polémiques insupportables qui lui ont servi d’arguments politiques pour mener sa campagne. Et, en quelques heures, voilà que les élites des pays avancés découvrent qu’en démocratie, le peuple revendique son droit à la parole et peut s’exprimer à contre courant des opinions et des cadres établis.

En somme, dans un monde où tous les secteurs « disruptent », notamment le secteur touristique, les populations disposant du droit de s’exprimer, cassent les codes, rompent avec des décennies de conformité historique, bref, se révoltent quitte à faire n’importe quoi. Inutile de revenir sur les multiples exemples que l’actualité nous offre tous les jours de cette explosion déraisonnable qui va à l’encontre de la liberté et du bien-être des populations. Mais, c’est ainsi. Et, d’ores et déjà, le secteur touristique a un peu de souci à se faire. Tandis qu’il tente de combattre comme il peut les risques terroristes, la psychose qui s’est emparée de certaines clientèles, reste tangible. Les clientèles touristiques continuent de bouder la France. Il faut dire que les récentes images des commémorations du 13 novembre, largement diffusées dans la presse internationale, ont inévitablement ravivé des dramatiques souvenirs de l’automne passé. Pourtant, il fallait commémorer cette horreur pour éviter qu’elle se répète.

TOURISME : L’ INCONSTANCE

 

befikre-poster

Numéro 192. Octobre 2016

Les bombardements sur Alep auxquels contribuent largement la Russie suscitent fort peu de révolte dans l’opinion, désormais habituée à voir le Moyen-Orient se déchirer et la Syrie agoniser. Egoïstement, ce nouvel épisode d’un conflit impossible ne réchauffe pas les relations entre la France et la Russie et nous ne verrons sans doute pas beaucoup de touristes russes dans les rues de Paris ou de Nice tant que le président Poutine n’y sera pas accueilli, avec cordialité. En fait, la menace djihadiste et ses horribles accomplissements qui ont certes éloigné bon nombre de touristes de la France et l’empêcheront cette année de clamer son excellence en matière de tourisme, n’expliquent pas tout. Les relations internationales de notre pays avec bon nombre d’ambassades sont bien évidemment des accélérateurs ou ralentisseurs touristiques. Pour en revenir à la Russie, elle a réussi à saigner à blanc le tourisme turc en rapatriant ses ressortissants (environ 4,5 millions) avant de changer de position et de renouer ses relations avec R.T Erdogan qui a mis le pays au pas, en se livrant à des purges historiques. D’une péripétie géopolitique à l’autre, le visage de la planète tourisme change donc du tout au tout.

Mais, quand on assiste à une chute régulière par exemple des clientèles italiennes en Ile-de-France, ne doit-on pas également rechercher, dans la situation économique d’un pays, la cause d’une désertion ? A trop vouloir attribuer aux menaces terroristes la responsabilité quasi entière des difficultés du tourisme français, on minimise d’autres facteurs, notamment les économies en berne des pays de l’Union Européenne et des USA et les difficultés d’une jeunesse rejetée du monde du travail, ayant toutes les peines du monde à joindre les deux bouts. On oublie aussi que la situation économique de la France peine à se rétablir. La dernière note de conjoncture de l’Insee n’est pas rassurante (voir page…). Quant au Brexit, n’a t-il pas fait chuter la livre sterling et rendu les Britanniques plus pauvres, comme l’indique le quotidien « The Guardian » ?

EST-IL MINUIT DANS LE SIECLE ?

 

IMG_3;ikaria

 

Depuis 2015, comme nous l’avons déjà écrit, “nous avons été Charlie”, Paris, Bruxelles, Orlando, Istanbul, Kaboul… et maintenant Nice. Enfin, non pas vraiment, car beaucoup plus rares sont ceux qui aujourd’hui se rangent derrière ce slogan. Non qu’ils soient indifférents, non qu’ils ne soient pas solidaires. Non, ils sont révoltés. En quelques mois, le terrorisme s’est déplacé du symbole au tout venant. Des journalistes de Charlie-Hebdo à des promeneurs comme vous et moi désireux de passer un moment agréable devant l’une des plus belles baies du monde, l’actualité s’emballe. L’histoire aussi. Ce sombre vingt-et-unième siècle ne commence pas bien et nous aurions tort de penser que l’horizon va bientôt s’éclaircir. Comme nous l’avons déjà écrit, on pourrait bien assister à un crescendo de la violence dans les 20 années à venir, avant de connaître enfin une désescalade aux alentours de 2030.

A court terme, l’avenir du tourisme est donc brouillé et dangereux. Il l’est d’autant plus que, si l’on accepte de regarder de l’autre côté des frontières européennes, les ingérences chinoises en Mer de Chine, ne sont pas très rassurantes. Condamné par le tribunal de la Haye, Pékin semble pourtant décidé à poursuivre sa stratégie expansionniste, quitte à se mettre à dos tous ses voisins régionaux : Vietnam, Indonésie, Philippines…

DOUCE FRANCE : LES DIX PLAIES

 

IMG_bateau

B° 189. Juin 2016

Après les attentats, les actes isolés de terrorisme, les inondations exceptionnelles, le mauvais temps endémique, les grèves et autres violences de rue perpétrées par de sinistres bougres lors de manifestations ou, pire, lors des match de football de l’Euro, la France n’a plus que deux ou trois nouvelles catastrophes à affronter et il en sera peut-être fini de l’acharnement divin ! Fatigués les Français ont en effet du mal à ne pas se recroqueviller dans leur carapace, afin de tenter d’esquiver les mauvais coups. En quelques semaines, il faut dire que nous avons eu droit à un aperçu en accéléré des tensions à l’œuvre sur la planète. D’Orlando au Royaume-Uni, que ces tensions soient climatiques, terroristes, iédologiques, industrielles, technologiques… elles grésillent en permanence le long des ondes numériques, laissant peu de place à l’optimisme, encore moins à l’espoir. Sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, il semble de plus en plus clair que, malgré les progrés sociaux indéniables, malgré les belles images d’un futur constellé de prouesses technologiques et scientifiques nous faisant croire en l’avénement du meilleur des mondes, des vents contraires à l’idée même de liberté et de bonheur soufflent de plus en plus fort

Et, même la perspective de prochaines vacances ne semble pas suffire à les contrarier. Car, malgré un tout petit mieux, la réalité économique n’est pas radieuse. Le sera-t-elle pour le secteur touristique qui, par expérience, imagine un rattrapage possible de ses faibles performances durant les mois d’été. Pourquoi pas. Les Français, cette année encore, pourraient s’accrocher à leur territoire au lieu de prendre leur envol vers un ailleurs de plus en plus limité, dominé d’ores et déjà par les performances du tourisme espagnol : +20% pour le moment et de la Grèce qui voit ses réservations croître de 5% à 10% par rapport à une année 2015 qui était déjà une année record. Mais, du côté turque par exemple, on annonce d’ores et déjà des chutes de 40%. En cause la désaffection des Russes, les attentats d’Istanbul. Mais pas seulement, le radicalisme désormais affiché du président turc n’est pas fait pour rassurer. Excédés, le Grecs ont d’ailleurs dénoncé la diffusion sonore du Coran par les haut-parleurs des mosquées de Sultanamet ! Ils sont les seuls.

1936 : LES VACANCES, UNE IDEE NEUVE !

 

IMG_0803

 

TOURISCOPIE. N° 188. Mai/juin 2016

 

A l’heure ou la loi El Khomry déchaine les frondes, l’on pourrait fêter les 80 printemps de la loi sur les congés payés votée en juin 1936. Laquelle rendait obligatoires deux semaines de congés payés alors qu’une autre loi réduisait le temps de travail hebdomadaire à 40 heures. Voilà donc 80 ans que les congés payés sont entrés dans la vie des Français. Symbolisées par des images qui sont désormais complètement ancrées dans les imaginaires, ces deux semaines constituent un acquis social de toute première importance pour les habitants de l’Hexagone, auxquels on reproche à tort, de ne pas travailler autant que les autres pays occidentaux. Depuis 1936, il faut dire que les deux semaines de vacances obligatoires se sont sérieusement allongées : une troisième semaine sous le gouvernement de Guy Mollet, une quatrième dans la foulée de Mai 68, une cinquième semaine en 1981 ainsi qu’une loi réduisant à 39 heures le travail hebdomadaire, sous la présidence de François Mitterrand et enfin, les RTT en 2002 !

Nous avons donc du temps pour nous. Nous en avons même de plus en plus, puisque le temps de travail s’est considérablement réduit. Selon Jean Viard, dans son ouvrage : « Le triomphe d’une utopie : la révolution des temps libres » ( Editions de l’Aube. 2015), depuis la révolution industrielle, dans les pays développés, on est passé d’une vie moyenne de 500 000 heures à une vie moyenne de 700 000 heures. La durée moyenne du travail salarié est passée pour sa part de 200 000 heures à 70 000 heures !

Et pourtant, nous sommes toujours stressés par le manque de temps ! Le temps libre est bel et bien une denrée précieuse, voire indispensable à une existence d’individu « normal », emporté dans la tourmente d’une aspiration dominante à l’hédonisme. Car « libre » est synonyme de « liberté » dans une société qui, comme la nôtre, en a fait sa devise.

LE MEILLEUR DES MONDES ?

 

 

2000

Inutile d’aller au cinéma ni dans une fête foraine, la technologie va tellement vite que notre quotidien change tous les jours, sous les coups répétés de nouveautés technologiques qui, si elles ne sont pas forcément révolutionnaires, portent en elles le germe de l’innovation et transforment insensiblement notre quotidien en une sorte de monde magique. Un « Magic world » où il suffit d’appuyer sur une touche, de clicker sur un écran ou de passer une commande vocale, et nous voilà servis et parfois très bien servis par des applications impatientes de se rendre indispensables et de se ranger parmi les « scale up ». Car, en grandissant et en devenant prospère, on sort de son état de start-up pour accéder à une terminologie plus valorisante. Encore plus étonnantes que les applications, devenues si banales qu’on leur demande l’impossible, les robots humanoïdes qui ont investi assez rapidement le monde du tourisme : croisières, aéroports, hôtels voituriers, restaurants, musées… Avec tous les bonus et les malus que cela comporte. Notamment sur l’emploi.

Bien entendu la géopolitique défrayée par les crises migratoires, les révélations de fraudes fiscales à grande échelle impliquant une grande partie de politiques, les coups de butoir contre l’Union européenne, n’a rien de réjouissant, surtout à la veille des vacances de printemps et d’été dont on ne peut encore prédire grand chose, si ce n’est qu’elles seront bienvenues et que chacun cherchera à en tirer le meilleur parti.

LE LIEVRE ET LA TORTUE ?

 

gaston-lagaffe---le-cas-lagaffe-242224-250-400

Pendant que professionnels et grand public prennent le chemin du Salon Mondial du tourisme, les enquêtes, sondages, baromètres reprennent le chemin des médias où ils sont traités sans beaucoup de discernement. Peu importent les méthodes, les échantillons, les supports utilisés par les statisticiens et les enquêteurs. Ainsi, pendant que l’excellent baromètre Oppodo/ Raffour interactif fait le bilan des départs longue durée, marchands et non marchands, et de courte durée, marchands, pour l’année 2015, et enregistre une baisse de 2% de ces départs, le SNAV propose ses observations sur 2016. Le syndicat souligne une hausse de 1,5% pour les 2 premiers mois de l’année, avec en tête les USA, Thaïlande, Canada, Ile Maurice… Rien à voir. D’autant qu’ il ne s’agit que d’un reflet des ventes en agences membres du SNAV.

Evidemment, le SETO offre lui aussi un panorama des achats de voyages, mais sur la période allant de novembre 2015 à fin février 2016. Il enregistre pour sa part une baisse de 3,8%. Mais, là encore, ne sont concernées que les agences membres.

Autre type de sondages : Lastminute constate que : « 2016 donne des envies d’évasion aux Français ! A l’étranger, pour 47,2%. En moyenne deux fois dans l’année pour 37,8%. Mieux, nos compatriotes seraient devenus un peuple de grands voyageurs, avec 64% de personnes alternant grandes vacances et courts séjours ! Evidemment, tous ces pourcentages ne concernent que les utilisateurs de Lastminute.