Touriscopie

Editorial

Sur quelles vagues allons nous surfer en 2016 ?

 

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« Le pire du pire est très vraisemblable », annonce l’économiste et éditorialiste Jacques Attali, sur son blog hébergé par L’Express. Bonne nouvelle ! D’autant qu’il énumère les raisons pour lesquelles cette nouvelle année n’incite pas vraiment à l’optimisme.

Au programme notamment : « de nouveaux attentats terroristes, d’une ampleur défiant l’imagination » y compris en France et une « aggravation » probable des conflits dans le monde. Au programme aussi, une nouvelle crise financière… due aux crédits spéculatifs des entreprises et l’absence de régulation ? Bien sûr, il ne s’agit que d’un point de vue et le pire n’est pas toujours obligatoire. Mais, pour ceux qui y croient, sachez que les astrologues sont également pessimistes sur l’année à venir.

La stratégie du colibri pour sauver l’image de Paris

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Le hashtag #ParisWeLoveYou va t-il permettre de redonner l’envie de Paris à des touristes qui, pour le moment, ne semblent pas encore prêts à venir passer les fêtes de fin d’année dans la capitale ? C’est en tout cas, le pari que font la cinquantaine d’entreprises membres d’Alliance 46.2 qui ont décidé de soutenir de leur notoriété et de leurs deniers une campagne, somme toute légitime. Le concept de la campagne ? Tout le monde s’inscrit sur le site et envoie des photos d’une capitale mythique mais surtout apaisée dans laquelle on ne risque plus d’essuyer une rafale de mitraillettes en allant boire un café à une terrasse ou en allant écouter un concert !

 

Et, si c’était vrai ?

 

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Alors que la COP21 bat son plein et que l’humanité reste suspendue aux décisions finales qui scelleront sa survie ou sa disparition à moyen terme, les artistes amateurs ou professionnels s’en donnent à coeur joie en matière de détournement, invention, créations susceptibles de suggérer le monde de demain. Parmi eux, Chris Marin a produit des photographies des monuments parisiens les plus emblématiques envahis par une végétation sauvage après que les citadins s’en soient éloignés. Futur proche ou lointain ? Futur à 2 ou à 4 degrés ? Futur invraisemblable ou probable ? Il n’en reste pas moins que ce type de scénario du futur qui se base sur des récurrences historiques somme toute banales comme l’abandon des grandes cités de l’empire maya ou de la cité d’Angkor au Cambodge, n’est pas totalement dénué de sens.

Paris : une capitale pas comme les autres

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Le 25 décembre 2015. Le « black Friday » aura eu plus d’impact sur la fréquentation parisienne que les attentats de janvier 2015. L’OTCP vient de publier des données préoccupantes : la perte moyenne de taux d’occupation est de 24 points. Toutefois un retournement de tendance  semble s’esquisser depuis ce week-end, indique le cabinet Forwardkeys. En fait, toute la question est de savoir combien de temps est désormais nécessaire à un retour de la confiance touristique internationale. Donc, toute la question est de savoir quelle analyse on fait de la situation politique. Deux attitudes oscillant entre deux extrêmes sont possibles : d’une part, certains considèrent que l’on est entré dans un nouveau cycle, une situation à l’Israëlienne dans laquelle chacun s’accommode de la nouvelle donne et continue à vivre, donc à voyager.

La peur est normale et respectable

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A peine les atrocités parisiennes avaient-elles eu lieu que la presse, toujours aussi délicate, s’évertuait à passer à l’étape suivante : les comptes et décomptes des annulations hôtelières, des manifestations reportées, des touristes perdus… Comme si seule avait de l’importance cette petite comptabilité mesquine qui ne voit parfois le monde qu’à travers sa calculette. Non, bien évidemment, le secteur touristique n’est pas sans partager les deuils du pays et ses témoignages de sympathie ne manquent pas.

On a tué Paris, on est tous Paris… Et aprés ?

Numéro 182-183. Novembre 2015

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En Janvier, on a tué Charlie, et nous avons tous été Charlie. En Novembre, on tue Paris et, « nous sommes tous Paris ». Plus tard, on tuera sans doute la France et « nous serons encore à l’unisson la France »… Et puis, un jour, on tuera le monde et quelques uns d’entre nous voudront sans doute encore tenter d’«  être le monde » mais ne le pourront plus. Le manège infernal doit s’arrêter et les états libres et démocratiques doivent accepter la réalité aussi inacceptable soit-elle, selon laquelle ils sont entrés dans une nouvelle forme de guerre où l’ennemi ne parle pas le même discours que nous et ne partage pas les mêmes valeurs.

Après le 11 septembre 2001, le monde a changé et certains d’entre nous ont eu la lucidité de dire « ce ne sera plus comme avant ». Après le 13 Novembre 2015, admettons-le, notre « Douce France » ne sera plus comme avant car ce ne sont plus des symboles qui ont été attaqués, mais vous et moi. Des gens ordinaires qui écoutaient de la musique, buvaient un verre, s’enthousiasmaient pour une équipe de football, fumaient une cigarette et s’imaginaient encore vivre dans un monde en paix.

… Quand Eric Hobsbwam parlait de la barbarie du siècle passédans son livre célèbre « Le court vingtième siècle » », il laissait entendre que le vingt et unième siècle ne serait guère mieux. Une vérité douloureuse à entendre mais face à laquelle nous devrions probablement en finir avec nos attitudes angéliques.

Pour ceux grandis dans le mythe romantique d’un monde sans frontières dans lequel les citoyens du monde se déplaçaient librement, la nouvelle donne est difficile à admettre. Quant à l’industrie touristique qui s’est construite sur la rencontre de l’ailleurs, elle a du mal à se positionner sur cette nouvelle géographie où la France et l’Europe sont tout aussi vulnérables que la Tunisie ou l’Egypte face au terrorisme.

Que faire ? Essayons de ne pas attendre de devoir tous être un genre humain diminué et affaibli qui regrettera l’époque bien heureuse où il rêvait candidement d’être « augmenté » par des Smartphones et des puces et, disait « Nous sommes tous Paris », en allumant librement de petites bougies devant des lieux meurtris…

Josette Sicsic

 

Alertes . 7 NOVEMBRE 2015

LA GUERRE DES CHEFS A BIEN LIEU : EXPEDIA, TRIPADVISOR, AIRBNB, BOOKING

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Il ne fallait pas être devin pour prévoir que, c’est au niveau des majors et des majors nord américains, qu’était en train de se jouer le futur de l’hébergement touristique. Le rachat par Expedia de Homeaway, très largement commenté, ne constitue en effet qu’un pas de plus vers la domination mondiale des quatre géants américains du tourisme en ligne : Homeaway allié à Expédia, Flipkey allié à Tripadvisor et plus que jamais Airbnb capable de développer une nouvelle offre alternative tandis que Booking.com confirme son hégémonie en se montrant capable de distribuer et vendre instantanément toutes les catégories d’hébergements enregistrés sur son site…Mais, quel bénéfice en retirera le touriste :  A lire le prochain Touriscopie. N°182

 

LE GOUT DE L’ORIENT BATTU EN BRÈCHE

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Alors que les prix littéraires consacrent des oeuvres prenant l’Orient pour décor, ravivant ainsi le goût des Français pour des contrées devenues parties intégrantes de leur histoire : qu’il s’agisse de l’Egypte, la Turquie, le Liban, la Syrie… Jamais les cartes n’ont été aussi brouillées dans cette région. Et ce n’est pas le crash de l’avion russe dans le Sinaï qui rassurera les touristes et leur fera reprendre la route des Pyramides ou, à une moindre échelle, celle du Bosphore. La victoire du R.T Erdogan n’est pas une très bonne nouvelle non plus. A moyen terme, elle risque de contrarier les ambitions touristiques du pays qui était prêt à s’envoler vers les 50 millions d’arrivées internationales… C’est décidément la géopolitique et pas la littérature qui guident les touristes. A lire le prochain numéro de Touriscopie. N°182 : L’éloge des frontières.

LA FASHION WEEK DU TOURISME EN PANNE DE CRÉATIVITÉ

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Tous les ans à la même époque, les professionnels du tourisme aiment à se retrouver porte de Versailles afin d’affirmer leur bonne santé et leur bonne humeur. Déployant leurs bannières, leurs musiques, leurs images… sur des stands plus ou moins imposants, destinations et opérateurs multiplient, dans les allées, poignées de mains, accolades et rendez-vous plus ou moins « éclair », pendant que quelques conférences tentent de faire le point sur les sujets porteurs d’avenir. Mais, à part la planète start-up, la fashion week du tourisme ne semble pas très inventive.

L’INSOUTENABLE LÉGÉRETÉ DE L’ÉTÉ

images-2Septembre 2015. N° 180

Libéralisation de l’autocar, ouverture des magasins dans les zones touristiques… L’été français a été marqué par une série de petits faits qui ont insensiblement modifié son visage touristique. Le tout, sur un fond de ciel bleu quasiment ininterrompu qui a réjoui l’ensemble des vacanciers et confirmé qu’une météo au beau fixe demeurait le principal critère de satisfaction touristique. Ciel bleu égal vacances réussies. Il n’y a décidément rien de bien nouveau sous le soleil !

Pendant qu’un peu partout dans l’Hexagone, on pavoise, produisant d’ores et déjà et avant même la fin de l’été, des statistiques de fréquentation positives, le ciel n’a pas été partout sans nuages. Les battements de l’aile du papillon ont bel et bien créé des remous sur un ensemble de secteurs : comme l’agriculture et l’élevage, toujours victimes des excès de la politique agricole européenne. Comme la crise grecque qui, loin d’être résolue, oblige le pays à vendre ses bijoux de familles, en particulier ses aéroports et déjà quelques plages, mais a fait bondir le tourisme hellénique rallié par toutes sortes de sympathisants. Que dire également de la tragédie de migrants sur les côtes et les routes européennes qui laisse nos pays totalement décontenancés… Que dire enfin, comme à l’habitude, de ces actes terroristes insensés qui ont touché la Tunisie et assassiné son tourisme, qui touchent l’Afrique et le Moyen Orient tous les jours, qui tuent à Bangkok et ont failli provoquer un carnage dans un train à grande vitesse en France !

 

LA GRANDE ET LA PETITE HISTOIRE ESTIVALES

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Août 2015

La semaine qui vient de commencer est probablement la plus calme des semaines estivales. En ce milieu du mois d’août, bien que 40% des Français continuent pour des raisons diverses, à ne pas pouvoir partir en vacances, la majorité de nos compatriotes goûtent encore aux charmes de l’été. En famille, entre amis, en résidences secondaires, et pour certains en camping, villages de vacances, hôtels… Le premier clivage entre vacanciers demeurant un clivage économique : d’un côté et majoritairement, on consomme des hébergements non marchands. De l’autre, on se permet quelques nuits en hôtel ou en location, et pour une minorité seulement, hors frontières. Encore, ne va-t-on pas très loin…

 

GRÉCE : LE DROLE D’ÉTÉ 2015


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Juillet 2015. Chronique

Rarement destination aura été à ce point sous les feux de l’actualité. Depuis plus d’un mois, le pays des dieux fait non seulement les unes mais il déchaîne les passions. D’une part, les « contre » un état irresponsable qui a dilapidé les euros qu’on lui prêtait en toutes sortes d’extravagances dont un stade olympique aujourd’hui en grande partie inutilisé.

De l’autre, des « pour » qui défendent coûte que coûte le sauvetage de cette petite nation de 11 millions d’habitants à laquelle l’humanité doit tant. Car, la Grèce n’est pas l’Islande ni la Finlande, la Grèce est le cœur de la civilisation européenne sur laquelle s’est bâtie l’Europe dans ce qu’elle a de plus raffiné : arts, philosophie, culture. La Grèce c’est à la fois Delphes et Olympie mais c’est aussi Platon et Socrate, Epicure et Aristote. Autant de philosophes que l’on se plaît à redécouvrir tant leur sagesse nous semble contemporaine voire éternelle. La Grèce c’est encore Euripide, Orphée, la guerre de Troie, Ulysse et l’Odyssée, Ariane et son fil, Achille et son invincible talon. La Grèce, ce sont enfin des oliviers et des vignes, des « rois et des chèvres éparpillés sur du marbre » comme l’écrivait Jean Giraudoux… sur des territoires arides, morcelés en centaines d’îles dispersées sur la plus éblouissante des mers : la mer Egée. Autant de richesses qui ont fait de ce pays une destination pas comme les autres. Une de celles auxquelles on consacre tous ses rêves, toutes ses vacances et beaucoup de son talent pour tenter d’apprendre sa langue, sa culture, sa cuisine… Il est fascinant de constater à quel point, les héllénophiles sont nombreux en Europe et dans ce grand pays de diaspora qu’est l’Amérique.

 

LE BON TOURISTE EST CELUI QUI RESTE CHEZ LUI

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Juin 2015. Chronique

L’édition 2015 de la « Journée mondiale pour un tourisme responsable » était consacrée à un débat sur le « green marketing » et le « green washing ». Pourquoi pas ? Le tourisme responsable a beau afficher des valeurs de solidarité et de générosité, il a aussi des besoins bassement matériels l’obligeant à communiquer, faire du marketing et augmenter le nombre de ses clients. Malheureusement, bien qu’installée dans le paysage touristique depuis deux bonnes décennies, parfois plus, cette forme de tourisme peine à rassembler des troupes conséquentes de voyageurs. Pourquoi ?

… Certes, ce n’est pas sa vocation : tourisme responsable et tourisme de masse ne peuvent pas rimer. De plus, nul n’ignore que les motivations économiques restent prédominantes en matière de choix de vacances. On part où on peut et pas forcément où on veut. Pour de nombreux vacanciers, le choix est donc vite fait.

Ensuite, malgré l’indéniable progression de la sensibilité environnementale au sein de la population occidentale d’une façon générale, il est d’autres raisons qui font que le tourisme « solidaire », « responsable », « durable » a du mal à progresser. D’une part, bien que connues, les nombreuses appellations restent floues. « De quoi s’agit-il au juste ? », se demandent certains. Il faut reconnaître que la confusion est légitime : entre tourisme de pleine nature et construction d’une école en pays dogon au cours d’un séjour, on ne voit pas très bien la relation. De plus, le volet social du tourisme responsable est très souvent ignoré du grand public alors qu’il est majeur. Mais, beaucoup plus préoccupant : la baisse de l’engagement pour une consommation durable est spectaculaire. En effet, selon la dernière étude d’Ethicity, les Français ne sont plus que 45,2, % à afficher des préoccupations environnementales contre 50,9% en 2014 ! Il est même un groupe de sceptiques baptisés « les rétractés » qui se renforce. Méfiants vis à vis des industriels et des institutions, ces derniers appartiennent à des classes sociales fortement affectées par la crise, donc poussées au repli sur soi. A l’inverse, les « share activists », totalement acquis à la cause responsable, progressent de 4 points, mais ils ne représentent que 12% des interviewés. Recrutés parmi des couches sociales éduquées et aisées, de tendance plutôt « cultural créatives » et « Do It Yourself », ceux-ci sont non seulement inquiets mais préoccupés par l’état de la planète tant sur le plan humain qu’environnemental. On pourrait aussi ajouter qu’ égoïstement, ils sont préoccupés pour leur santé ! En gros, et malgré les nuances, la réalité est éloquente : un quart de nos compatriotes se désintéresse des enjeux environnementaux. Ce qui, à la veille de la COP 21, n’est pas de bonne augure !

DROLES DE NOUVELLES, DROLES D’IMAGES

TOURISCOPIE N° 178-179. Mai-Juin 2015

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L’actualité est faite de drôles de choses. Ce qui a sans aucun   doute toujours été le cas. Mais, désormais, on est informé en temps réel de   tous les événements qui font la grande et la petite histoire. C’est ainsi que l’on peut apprendre au fil des pages Web qu’un hôtel 5 étoiles vient d’ouvrir à Mossoul. Piscine, restaurant, jardins… tout y est. Ne manque   que bar. Pire ! Caliphate tour, une agence réceptive peut emmener les touristes désireux de découvrir cette nouvelle « république faire le tour de la région. Bien entendu, il s’agit de propagande. Et, nul n’est dupe. Mais, tout de même : le tourisme est un moyen de faire bonne figure et de démontrer aux yeux du monde « que tout va bien ! » Banaliser un territoire en le métamorphosant en destination touristique devient un artifice mais, un artifice particulièrement alarmant.

Pendant que telles images éclatent sur les écrans, celles de la bataille de Palmyre amplement diffusées terrifient le monde occidental. Comment des vestiges archéologiques de cette importante peuvent-ils risquer d’être réduits en miettes ?
Mais, le cortège de clichés noirs, est loin d’être terminé. Alors que les destinations touristiques surtout méditerranéennes multiplient les efforts pour s’attirer les faveurs des touristes, n’assiste-t-on pas à un spectacle encore plus désolant présentant l’arrivée de migrants clandestins sur les mêmes plages que celles où sont conviées les vacanciers ? Celles des îles grecques ou italiennes ?

NE TIREZ PAS SUR LE TOURISTE

TOURISCOPIE N°175. Avril 2015

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Dans cette guerre invisible et totalement inégale où, d’un côté on trouve des combattants qui ont peur de mourir alors que, de l’autre se situent des martyres cherchant la mort, certaines cibles sont devenues plus faciles que d’autres. Lesquelles ? En l’occurrence, les touristes. On l’aura remarqué : depuis que des barbares illuminés ont décidé de s’en prendre à l’occident et à tout ce qui touche à la civilisation, le milliard d’humains qui a choisi de se déplacer à travers la planète, n’est pas épargné.  Mais, pourquoi donc ?

Il convient sans doute de préciser que le touriste en visite dans n’importe quel pays du monde, et sur n’importe quel territoire, a deux qualités qui en font les défauts : il est d’une part plus décontracté que dans son quotidien, d’autre part, il est peu informé sur la situation économique et politique du pays qu’il visite. Proie facile, il est aussi et surtout une proie symbolique synthétisant tous les supposés défauts de l’Occident. Tirer sur un touriste, c’est tirer sur un mode de vie et un modèle de développement en passe de se propager sur l’ensemble des continents mais jugé iconoclaste et immoral. Tirer sur un touriste, c’est tirer sur celui qui cherche à découvrir des cultures anciennes et à percer les mystères de l’histoire des autres peuples… Or, au royaume de la barbarie, l’altérité n’a pas droit de cité. L’autre est un ennemi.

 

LE MONOPOLE DU NUMERIQUE

TOURISCOPIE. N° 176. Février-Mars 2015

telephonneActualité touristique et actualité numérique semblent être devenues synonymes. Compte tenu du flot d’initiatives des géants du Net et des milliers de petites start-up qui, non seulement conçoivent des nouveautés mais savent habilement s’auto promouvoir via des publications de sondages n’ayant aucune valeur statistique, des photos ou des vidéo pseudo humoristiques… On en arrive à se demander si l’industrie touristique est devenue autre chose qu’une machine à produire des services et des gadgets dont certains sont de plus en plus pointus quand d’autres n’ont aucune viabilité. Devant les success story de certains, il est vrai que la presse complice, n’en finit pas de leur consacrer ses unes et des enquêtes plus ou moins fouillées : le patron d’Uber, malgré ses soucis juridiques a droit à 6 pages de La Tribune, quand le Pdg d’Airbnb, Brian Chesky, se voit dérouler le tapis rouge de la mairie de Paris et accueillir comme une rock star, alors qu’officiellement les élus parisiens sont en conflit avec le site !

Autres exemples : quand Booking.com fait une conférence de presse pour annoncer la création de « Booking now » son nouveau service de recherche d’hébergement de dernière minute et, voilà l’ennemi Numéro 1 des hôteliers sur médiatisé. De quoi faire oublier qu’Accor, le géant de l’hôtellerie a attaqué le site de réservation !

Quand Air-France lance un service de « gamification » au départ de deux aéroports asiatiques, ce jeu fait plus de bruit que la montée en puissance de trois nouvelles compagnies low-cost. Et, pourtant, le gadget n’a concerné que 400 personnes !

On oublie également volontiers les destinations qui émergent de la carte touristique tandis que des tour-opérateurs de qualité comme Donatello mettent la clé sous la porte et que le groupe Pierre &Vacances parvient contre vents et marées à ouvrir un nouveau Center-Parcs dans la Vienne. Un investissement de 300 millions d’euros tout de même à l’heure où l’investissement touristique est en berne !