Touriscopie

LA FASHION WEEK DU TOURISME EN PANNE DE CRÉATIVITÉ

 Djerba400x300Octobre 2015. Numéro 181 

Tous les ans à la même époque, les professionnels du tourisme aiment à se retrouver porte de Versailles afin d’affirmer leur bonne santé et leur bonne humeur. Déployant leurs bannières, leurs musiques, leurs images… sur des stands plus ou moins imposants, destinations et opérateurs multiplient, dans les allées, poignées de mains, accolades et rendez-vous plus ou moins « éclair », pendant que quelques conférences tentent de faire le point sur les sujets porteurs d’avenir. Mais, à part la planète start-up, la fashion week du tourisme ne semble pas très inventive.

L’INSOUTENABLE LÉGÉRETÉ DE L’ÉTÉ

images-2Septembre 2015. N° 180

Libéralisation de l’autocar, ouverture des magasins dans les zones touristiques… L’été français a été marqué par une série de petits faits qui ont insensiblement modifié son visage touristique. Le tout, sur un fond de ciel bleu quasiment ininterrompu qui a réjoui l’ensemble des vacanciers et confirmé qu’une météo au beau fixe demeurait le principal critère de satisfaction touristique. Ciel bleu égal vacances réussies. Il n’y a décidément rien de bien nouveau sous le soleil !

Pendant qu’un peu partout dans l’Hexagone, on pavoise, produisant d’ores et déjà et avant même la fin de l’été, des statistiques de fréquentation positives, le ciel n’a pas été partout sans nuages. Les battements de l’aile du papillon ont bel et bien créé des remous sur un ensemble de secteurs : comme l’agriculture et l’élevage, toujours victimes des excès de la politique agricole européenne. Comme la crise grecque qui, loin d’être résolue, oblige le pays à vendre ses bijoux de familles, en particulier ses aéroports et déjà quelques plages, mais a fait bondir le tourisme hellénique rallié par toutes sortes de sympathisants. Que dire également de la tragédie de migrants sur les côtes et les routes européennes qui laisse nos pays totalement décontenancés… Que dire enfin, comme à l’habitude, de ces actes terroristes insensés qui ont touché la Tunisie et assassiné son tourisme, qui touchent l’Afrique et le Moyen Orient tous les jours, qui tuent à Bangkok et ont failli provoquer un carnage dans un train à grande vitesse en France !

 

LA GRANDE ET LA PETITE HISTOIRE ESTIVALES

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Août 2015

La semaine qui vient de commencer est probablement la plus calme des semaines estivales. En ce milieu du mois d’août, bien que 40% des Français continuent pour des raisons diverses, à ne pas pouvoir partir en vacances, la majorité de nos compatriotes goûtent encore aux charmes de l’été. En famille, entre amis, en résidences secondaires, et pour certains en camping, villages de vacances, hôtels… Le premier clivage entre vacanciers demeurant un clivage économique : d’un côté et majoritairement, on consomme des hébergements non marchands. De l’autre, on se permet quelques nuits en hôtel ou en location, et pour une minorité seulement, hors frontières. Encore, ne va-t-on pas très loin…

 

GRÉCE : LE DROLE D’ÉTÉ 2015


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Juillet 2015. Chronique

Rarement destination aura été à ce point sous les feux de l’actualité. Depuis plus d’un mois, le pays des dieux fait non seulement les unes mais il déchaîne les passions. D’une part, les « contre » un état irresponsable qui a dilapidé les euros qu’on lui prêtait en toutes sortes d’extravagances dont un stade olympique aujourd’hui en grande partie inutilisé.

De l’autre, des « pour » qui défendent coûte que coûte le sauvetage de cette petite nation de 11 millions d’habitants à laquelle l’humanité doit tant. Car, la Grèce n’est pas l’Islande ni la Finlande, la Grèce est le cœur de la civilisation européenne sur laquelle s’est bâtie l’Europe dans ce qu’elle a de plus raffiné : arts, philosophie, culture. La Grèce c’est à la fois Delphes et Olympie mais c’est aussi Platon et Socrate, Epicure et Aristote. Autant de philosophes que l’on se plaît à redécouvrir tant leur sagesse nous semble contemporaine voire éternelle. La Grèce c’est encore Euripide, Orphée, la guerre de Troie, Ulysse et l’Odyssée, Ariane et son fil, Achille et son invincible talon. La Grèce, ce sont enfin des oliviers et des vignes, des « rois et des chèvres éparpillés sur du marbre » comme l’écrivait Jean Giraudoux… sur des territoires arides, morcelés en centaines d’îles dispersées sur la plus éblouissante des mers : la mer Egée. Autant de richesses qui ont fait de ce pays une destination pas comme les autres. Une de celles auxquelles on consacre tous ses rêves, toutes ses vacances et beaucoup de son talent pour tenter d’apprendre sa langue, sa culture, sa cuisine… Il est fascinant de constater à quel point, les héllénophiles sont nombreux en Europe et dans ce grand pays de diaspora qu’est l’Amérique.

 

LE BON TOURISTE EST CELUI QUI RESTE CHEZ LUI

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Juin 2015. Chronique

L’édition 2015 de la « Journée mondiale pour un tourisme responsable » était consacrée à un débat sur le « green marketing » et le « green washing ». Pourquoi pas ? Le tourisme responsable a beau afficher des valeurs de solidarité et de générosité, il a aussi des besoins bassement matériels l’obligeant à communiquer, faire du marketing et augmenter le nombre de ses clients. Malheureusement, bien qu’installée dans le paysage touristique depuis deux bonnes décennies, parfois plus, cette forme de tourisme peine à rassembler des troupes conséquentes de voyageurs. Pourquoi ?

… Certes, ce n’est pas sa vocation : tourisme responsable et tourisme de masse ne peuvent pas rimer. De plus, nul n’ignore que les motivations économiques restent prédominantes en matière de choix de vacances. On part où on peut et pas forcément où on veut. Pour de nombreux vacanciers, le choix est donc vite fait.

Ensuite, malgré l’indéniable progression de la sensibilité environnementale au sein de la population occidentale d’une façon générale, il est d’autres raisons qui font que le tourisme « solidaire », « responsable », « durable » a du mal à progresser. D’une part, bien que connues, les nombreuses appellations restent floues. « De quoi s’agit-il au juste ? », se demandent certains. Il faut reconnaître que la confusion est légitime : entre tourisme de pleine nature et construction d’une école en pays dogon au cours d’un séjour, on ne voit pas très bien la relation. De plus, le volet social du tourisme responsable est très souvent ignoré du grand public alors qu’il est majeur. Mais, beaucoup plus préoccupant : la baisse de l’engagement pour une consommation durable est spectaculaire. En effet, selon la dernière étude d’Ethicity, les Français ne sont plus que 45,2, % à afficher des préoccupations environnementales contre 50,9% en 2014 ! Il est même un groupe de sceptiques baptisés « les rétractés » qui se renforce. Méfiants vis à vis des industriels et des institutions, ces derniers appartiennent à des classes sociales fortement affectées par la crise, donc poussées au repli sur soi. A l’inverse, les « share activists », totalement acquis à la cause responsable, progressent de 4 points, mais ils ne représentent que 12% des interviewés. Recrutés parmi des couches sociales éduquées et aisées, de tendance plutôt « cultural créatives » et « Do It Yourself », ceux-ci sont non seulement inquiets mais préoccupés par l’état de la planète tant sur le plan humain qu’environnemental. On pourrait aussi ajouter qu’ égoïstement, ils sont préoccupés pour leur santé ! En gros, et malgré les nuances, la réalité est éloquente : un quart de nos compatriotes se désintéresse des enjeux environnementaux. Ce qui, à la veille de la COP 21, n’est pas de bonne augure !

DROLES DE NOUVELLES, DROLES D’IMAGES

TOURISCOPIE N° 178-179. Mai-Juin 2015

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L’actualité est faite de drôles de choses. Ce qui a sans aucun   doute toujours été le cas. Mais, désormais, on est informé en temps réel de   tous les événements qui font la grande et la petite histoire. C’est ainsi que l’on peut apprendre au fil des pages Web qu’un hôtel 5 étoiles vient d’ouvrir à Mossoul. Piscine, restaurant, jardins… tout y est. Ne manque   que bar. Pire ! Caliphate tour, une agence réceptive peut emmener les touristes désireux de découvrir cette nouvelle « république faire le tour de la région. Bien entendu, il s’agit de propagande. Et, nul n’est dupe. Mais, tout de même : le tourisme est un moyen de faire bonne figure et de démontrer aux yeux du monde « que tout va bien ! » Banaliser un territoire en le métamorphosant en destination touristique devient un artifice mais, un artifice particulièrement alarmant.

Pendant que telles images éclatent sur les écrans, celles de la bataille de Palmyre amplement diffusées terrifient le monde occidental. Comment des vestiges archéologiques de cette importante peuvent-ils risquer d’être réduits en miettes ?
Mais, le cortège de clichés noirs, est loin d’être terminé. Alors que les destinations touristiques surtout méditerranéennes multiplient les efforts pour s’attirer les faveurs des touristes, n’assiste-t-on pas à un spectacle encore plus désolant présentant l’arrivée de migrants clandestins sur les mêmes plages que celles où sont conviées les vacanciers ? Celles des îles grecques ou italiennes ?

NE TIREZ PAS SUR LE TOURISTE

TOURISCOPIE N°175. Avril 2015

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Dans cette guerre invisible et totalement inégale où, d’un côté on trouve des combattants qui ont peur de mourir alors que, de l’autre se situent des martyres cherchant la mort, certaines cibles sont devenues plus faciles que d’autres. Lesquelles ? En l’occurrence, les touristes. On l’aura remarqué : depuis que des barbares illuminés ont décidé de s’en prendre à l’occident et à tout ce qui touche à la civilisation, le milliard d’humains qui a choisi de se déplacer à travers la planète, n’est pas épargné.  Mais, pourquoi donc ?

Il convient sans doute de préciser que le touriste en visite dans n’importe quel pays du monde, et sur n’importe quel territoire, a deux qualités qui en font les défauts : il est d’une part plus décontracté que dans son quotidien, d’autre part, il est peu informé sur la situation économique et politique du pays qu’il visite. Proie facile, il est aussi et surtout une proie symbolique synthétisant tous les supposés défauts de l’Occident. Tirer sur un touriste, c’est tirer sur un mode de vie et un modèle de développement en passe de se propager sur l’ensemble des continents mais jugé iconoclaste et immoral. Tirer sur un touriste, c’est tirer sur celui qui cherche à découvrir des cultures anciennes et à percer les mystères de l’histoire des autres peuples… Or, au royaume de la barbarie, l’altérité n’a pas droit de cité. L’autre est un ennemi.

 

LE MONOPOLE DU NUMERIQUE

TOURISCOPIE. N° 176. Février-Mars 2015

telephonneActualité touristique et actualité numérique semblent être devenues synonymes. Compte tenu du flot d’initiatives des géants du Net et des milliers de petites start-up qui, non seulement conçoivent des nouveautés mais savent habilement s’auto promouvoir via des publications de sondages n’ayant aucune valeur statistique, des photos ou des vidéo pseudo humoristiques… On en arrive à se demander si l’industrie touristique est devenue autre chose qu’une machine à produire des services et des gadgets dont certains sont de plus en plus pointus quand d’autres n’ont aucune viabilité. Devant les success story de certains, il est vrai que la presse complice, n’en finit pas de leur consacrer ses unes et des enquêtes plus ou moins fouillées : le patron d’Uber, malgré ses soucis juridiques a droit à 6 pages de La Tribune, quand le Pdg d’Airbnb, Brian Chesky, se voit dérouler le tapis rouge de la mairie de Paris et accueillir comme une rock star, alors qu’officiellement les élus parisiens sont en conflit avec le site !

Autres exemples : quand Booking.com fait une conférence de presse pour annoncer la création de « Booking now » son nouveau service de recherche d’hébergement de dernière minute et, voilà l’ennemi Numéro 1 des hôteliers sur médiatisé. De quoi faire oublier qu’Accor, le géant de l’hôtellerie a attaqué le site de réservation !

Quand Air-France lance un service de « gamification » au départ de deux aéroports asiatiques, ce jeu fait plus de bruit que la montée en puissance de trois nouvelles compagnies low-cost. Et, pourtant, le gadget n’a concerné que 400 personnes !

On oublie également volontiers les destinations qui émergent de la carte touristique tandis que des tour-opérateurs de qualité comme Donatello mettent la clé sous la porte et que le groupe Pierre &Vacances parvient contre vents et marées à ouvrir un nouveau Center-Parcs dans la Vienne. Un investissement de 300 millions d’euros tout de même à l’heure où l’investissement touristique est en berne !

 

L’ETAT DU MONDE EN QUESTION

TOURISCOPIE; N°172-17.  Novembre 2014

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  • Pour rester sur l’écume de l’information touristique, notons par exemple qu’Amazon s’apprête à se lancer dans la réservation d’hébergements touristiques. Ce qui va plaire aux responsables des OTA ! Notons aussi qu’avec 64,8 millions de passagers, easyJet réalise en 2014, une progression de 13,1% de son bénéfice net, qui s’est établi à 450 millions de livres contre 398 millions de livres il y a un an. Voilà de quoi plaire à Air France !Remarquons encore qu’Airbnb s’apprête à lancer un magazine en papier de 128 pages : Pineapple. Une bonne nouvelle pour la presse touristique traditionnelle ! Mais, comme il y a une justice, Airbnb commence à être victime de hackers capables de publier de fausses offres et de détourner les clients vers des sites clandestins pour leur dérober leurs informations bancaires !Pourquoi ne pas noter encore que, dans leur dernier baromètre, la Fevad et Mediamétrie ont révélé que seuls 19% des Français ont l’intention de partir en vacances pendant les fêtes de fin d’année. Lesquels resteront à 79% en France et ne seront que 31% à réserver leurs vacances auprès d’un professionnel.
  • Autre exemple, remarquons que les touristes chinois consomment de plus en plus en Allemagne. Une destination qui, de toutes façons, monte en puissance, avec une progression annuelle régulière de 5% de ses nuitées. Notamment en provenance des pays du Golfe dont les nuitées s’élèvent à 1,3 millions !De son côté, dans l’actualité généraliste, ce sont certainement les performances du petit robot Philae qui ont le plus émerveillé l’humanité tandis que la barbarie de la guerre 14 rappelée à grand coup de commémorations l’a tout autant épouvantée que les exactions actuelles des djihadistes en Syrie ou celle des narcotrafiquants mexicains. Une violence enfin commentée par la presse européenne, après la disparition de 43 jeunes étudiants.
  • Dans tous les domaines, notre époque veut que les informations se bousculent et que l’état d’urgence ne se lève jamais. Les médias doivent publier des nouvelles et les lecteurs doivent les absorber le plus vite possible. Quitte, dans le meilleur des cas, à n’en retenir que la surface. Quitte, dans le moins bon des cas, à les déformer.… Mais pire, au delà de l’information, il y a la « rumeur » qui dit n’importe souvent quoi mais se répand à la vitesse du Web et à celle du déficit de mémoire qu’affiche l’opinion. Ainsi, la rumeur veut que le monde d’aujourd’hui aille mal. Certes, il ne va pas bien. Mais, va-t-il plus mal qu’hier ? Est-il donc plus dangereux pour le touriste ? Et quels pays précisément sont aujourd’hui les plus menaçants ?Au milieu du tumulte médiatique, nous nous sommes penchés sur les 40 dernières années de l’histoire géopolitique de la planète, afin de vérifier si la nostalgie du monde d’hier était fondée. Et qu’avons nous découvert ? Que nous vivions bel et bien au cœur d’une caverne hantée par des ombres.

LE MEMORIAL ACTe AU SECOURS DES ANTILLES

TOURISCOPIE. N° 171. Octobre 2014

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Le chantier du Mémorial ACTe, sur le site d’une ancienne usine de Point à Pitre a beau prendre du retard, il n’en finira pas moins, d’ici plusieurs mois, par donner enfin aux Antilles françaises, un lieu de mémoire. Plus de cent soixante ans après l’abolition de l’esclavage – en 1848- et quelques années après la reconnaissance de ce terrible moment de l’histoire comme crime contre l’humanité, il était grand temps que la Caraïbe dispose enfin d’un lieu capable de rappeler au monde son passé et capable de donner à sa population des clés pour le comprendre.

Car, au delà de la Guadeloupe, ce sont toutes les îles de la mer Caraïbe qui sont concernées par le futur bâtiment de 2500 mètres carrés, composé de salles d’exposition et d’auditoriums, voulue par la région française et enfin en passe d’ouvrir ses portes.

Depuis la période méconnue des Amérindiens, odieusement décimés par la conquête espagnole puis européenne en général, jusqu’à la main mise des puissances occidentales sur les îles de l’arc caraïbe, en passant par deux siècles de commerce triangulaire et des migrations économiques en provenance des Indes… il est vrai que la région n’a pas eu la vie facile. Et quand bien même, le vingtième siècle l’a délivrée en partie des jougs occidentaux pour transformer la majeure partie des îles en états indépendants et démocratiques, n’ont-elles pas été pour la plupart d’entre elles, livrées à d’autres occupants : les touristes nord américains et européens, en quête de soleil et de farniente et les financiers de toute origine à la recherche de paradis fiscaux ?

LES ETES SE SUIVENT ET SE RESSEMBLENT

TOURISCOPIE. N° 170. Août 2014

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Alors que le soleil semble enfin décidé à réchauffer la France et les vacanciers de septembre, le tourisme hexagonal fait déjà grise mine, évoquant le délitement des dépenses estivales, la baisse endémique de fréquentation, le mauvais temps et autres phénomènes désormais plus structurels que conjoncturels.

D’un été à l’autre, depuis 2008, l’humeur des Français varie peu. Pourtant, cet été aura été marqué par quelques drames inhabituels : un nouveau crash aérien pour la Malaysian Airlines et un autre pour Air Algérie, démontrant que la loi des séries n’est pas qu’une vue de l’esprit. Et puis, il a été marqué par plusieurs conflits armés dont l’un a déstabilisé le tourisme d’un Proche Orient déja bien mis à mal par la guerre syrienne et, désormais, par des velléités de création d’un nouveau califat ! Horreurs et violence également dans l’est de l’Ukraine, aux conséquences humaines, diplomatiques et touristiques inévitables. Œil pour œil, dent pour dent : aux sanctions économiques occidentales, les touristes russes répondent par une désertion de nos destinations. Mauvais vent encore en Afrique, avec l’épidémie non conjurée d’une maladie infectieuse fatale… Et, en pleine Méditerranée, avec ces drames permanents de l’immigration clandestine  tuant tous les ans, des milliers d’Africains…

LA FRANCE EN LIGNE DE MIRE

TOURISCOPIE. N°168. Juin 2014

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Mais quelle mouche a bien piqué les Français pour qu’ils redeviennent une nouvelle fois l’objet de la consternation internationale ? A peine douze ans après un sinistre 22 avril, la France fait la une de la presse planétaire avec chaque fois les mêmes titres cataclysmiques : séisme, « terremoto ». Même les Britanniques, pourtant peu exemplaires, sont moins malmenés que l’Hexagone par la stigmatisation généralisée à laquelle s’adonnent les médias des pays démocratiques. Et tout cela, à la veille des vacances d’été, alors que notre pays déploie des trésors de créativité et d’adresse pour accueillir des millions de touristes internationaux.

Et tout cela, en même temps que les commémorations fort réussies du D. Day. Formidable expérience de réconciliation après le désastre de la dernière guerre, le soixante-dixième anniversaire du Jour le plus long et toute la médiatisation qui en a été faite, ont constitué l’un des moments forts de la vie des nations, celui où « l’histoire rappelée aux hommes pourrait leur éviter de la revivre ».

Décidément, la politique est loin d’être exemplaire et les citoyens que nous sommes aussi. Malheureusement, d’autres états enregistrent des égarements nationalistes alarmistes qui ne sont guère réjouissants. C’est le cas de l’Inde surtout où « un autocrate extrémiste attise les haines » comme l’écrit un journaliste du Guardian. La Hongrie et son premier ministre populiste n’est pas très rassurante non plus.

Que penser par ailleurs des atermoiements des Maldives en passe de rétablir la peine de mort y compris pour des enfants de 7 ans et du Brunei qui rétablit tout simplement la charia ?

CHINESE FRIENDLY !

TOURISCOPIE. N° 167. Avril-mai 2014

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Quand un ministre des affaires étrangères se lève tôt le matin pour aller saluer, des touristes en provenance de Chine, l’événement revêt une certaine importance. D’autant que, non content d’avoir accueilli ces « golden touristes », Laurent Fabius a égrené quelques conseils sur la signalétique, les traductions des panneaux d’affichage et autres petites améliorations indispensables à la stratégie d’accueil d’un aéroport international de l’envergure de Roissy-Charles-de-Gaulle.

 La visite du ministre est d’ailleurs passée tellement peu inaperçue que, lors de sa prestation sur le 7/9 de France Inter du lundi 5 mai, l’humoriste de service, a fait son billet sur les mérites comparés du ministère du Temps libre des années Mitterrand, dirigé par André Henri, et celui d’aujourd’hui. Autres temps, autres mœurs. Alors que les années quatre-vingt traitaient le tourisme, sous l’angle du temps libre et de l’épanouissement personnel, celui d’aujourd’hui le traite comme un secteur économique à part entière.

 Enfin, un peu de considération ! Enfin, le tourisme semble entrer par la grande porte dans le gouvernement et, dans l’estime des médias soudain conscients des capacités d’une industrie qu’ils avaient longtemps, eux-aussi, considérée comme un amusement, une accumulation de cartes postales, un moment de détente ?

AU DELA DE LA GRANDE HISTOIRE

TOURISCOPIE. N° 166. MARS 2014

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  Les tout récents grands événements ayant marqué l’actualité sont plus éloquents qu’ils n’y paraissent. Pour qui sait lire entre les lignes, l’annexion de la Crimée par un président russe sans scrupules démontre que la carte du monde n’est pas aussi stable qu’on ne les croie et que les institutions internationales n’effraient pas grand monde. Elle nous dit cependant aussi que la Crimée, Côte d’Azur de l’ex. Union Soviétique, est peut être prête à renouer avec sa vocation touristique historique… Mais, mauvaise nouvelle, les mesures de rétorsion de l’U.E contre la Russie pourraient priver bien des destinations de leurs touristes russes…

Quant à la disparition d’un avion et de ses 250 passagers, elle nous apprend que bien que l’on soit traqué par les puces de nos téléphones portables et cartes de crédit, nous n’en sommes pas moins susceptibles de nous faire happer par de mystérieux trous noirs… Elle nous dit aussi que des touristes chinois visitent désormais massivement la Malaisie. Laquelle multiplie ses efforts promotionnels vis à vis de ce marché. Mais désormais, les choses seront sans doute plus compliquées.

Dans un autre genre, la mise en place d’une journée de circulation alternée afin de lutter, avec retard certes, contre les micro particules d’une pollution atmosphérique endémique, en dit beaucoup sur les menaces environnementales sur la santé publique. En filigrane, cette mesure soulève les problèmes d’une capitale en proie à une circulation abusive à laquelle les autobus de tourisme ne se privent pas de contribuer. On le redécouvre ! Tandis que les touristes se voient confrontés à un nouveau danger. Les émeutes qui secouent Istanbul et ont secoué Bangkok sont aussi les signaux perpétuellement au rouge émis par des destinations au fort potentiel touristique mais dans lesquelles la démocratie peine à s’installer… Doit-on les fréquenter ?

LES CONTRADICTIONS TOURISTIQUES

 TOURISCOPIE. N° 164. Février 2014

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Tous les jours amènent un lot d’informations qu’il n’est pas toujours aisé de trier, de mémoriser, d’analyser. D’autant que, pour être performant dans un secteur comme le tourisme, mieux vaut avoir les yeux et les oreilles connectés à de nombreux domaines d’activités et de recherche qui, chacun à leur façon ont une incidence sur les évolutions à venir.

Alors que les professionnels de toutes les régions débattent du futur d’une industrie enfin reconnue comme prioritaire et, que l’on attend que des Assises nationales synthétisent les travaux des uns et des autres, plusieurs informations se détachent du lot et, sans compromettre l’avenir radieux des déplacements nationaux et internationaux, méritent que l’on s’y attarde.

D’une part, tout le monde a bien retenu que tous les ans, le tourisme international connaissait une croissance de l’ordre de 5%. Le seul tourisme asiatique explose à tel point que des destinations comme la Thaïlande par exemple affiche des progressions de l’ordre de 40% sur certains marchés de proximité. Paris, pour sa part, voit progresser de 8% sa fréquentation internationale, le trimestre dernier. Une bonne nouvelle pour les Grands magasins et l’hôtellerie dont les taux d’occupation frolent les 80%.

Mais, est-on équipés pour accueillir tant de monde en aussi peu de temps ? Une question valable pour l’ensemble de la planète, d’autant que les effets pervers de l’activité touristique sont connus, notamment sur le plan environnemental et sur celui de la cohabitation entre touristes et résidents permanents.

Par ailleurs, pour en revenir à l’Europe, comment passer sous silence le vote de la Suisse surtout cette enquête Ipsos/Le Monde publiée début janvier, selon laquelle le niveau de défiance des Français à l’égard d’autrui ou du monde extérieur a atteint un niveau inégalé.

Pour 79% d’entre nous, « on n’est jamais assez prudent quand on a affaire aux autres » tandis que 58% estiment que la France doit se protéger davantage du monde d’aujourd’hui. Pire, cette enquête confirme l’hostilité parfois massive à l’égard des étrangers : 66% des Français sont d’accord avec l’idée selon laquelle il y a trop d’étrangers en France. 47% pensent que pour réduire le nombre de chômeurs en France, il faut réduire le nombre d’immigrés. Bien qu’en recul, le rejet de l’Islam est toujours majoritaire…

 Et, nous voulons accueillir le monde et nous voulons nous faire reconnaître comme la première destination touristique internationale !  Oui. Nous le voulons. Et nous voulons bien faire les choses comme le signale cette dernière initiative de 19 grandes entreprises touristiques et, non des moindres, réunies sous la houlette de Gérard Brémond, Pdg du Groupe Pierre et Vacances, dans une entité baptisée Alliance 46.2. Club ouvert à d’autres bonnes volontés, Alliance 46.2 devrait bientôt présenter ses initiatives. Puissent-elles ne pas se cantonner sur un plan purement économique, aussi essentiel soit-il !